Question posée par le Centre des Jeunes Dirigeants de Paris, qui m'a invité l'autre jour à intervenir sur cet intéressant sujet devant leur assemblée plénière. Je voudrais remercier l'ensemble des participants et des organisateurs pour cette soirée d'échanges fructueux, et pour moi très plaisants.
A vrai dire, la préparation de cette conférence m'a paradoxalement incité à réfléchir sur le stress. Et l'articulation entre les causes du stress et la manière dont le travail de réflexion du coaching peut aider à retrouver prise sur l'événement. Voici quelques notes préparatoires.
Le "stress maladie" est une pathologie de l'adaptation. On le définit souvent comme la maladie professionnelle de l’époque – l’ennemi public numéro un de l’homme et de la femme au travail. C’est la maladie de la pression. Je dis bien maladie. Car il ne faut pas s’y tromper, le stress, du latin stringere, serrer, étreindre, fait référence à des mécanismes physiologiques bien identifiés.
Le stress, ce n’est pas une vue de l’esprit, ni simplement de l’angoisse ou de l’anxiété, mais qq chose de tout à fait concret. Qui met en jeu des neuromédiateurs, des mécanismes hormonaux, l’adrénaline, le cortisol, je n’insiste pas, mais c’est une dimension majeure. Il s’agit d’une réponse de l’organisme à des modifications de l’environnement. D’un mécanisme d’adaptation, qui peut, dans les cas pathologiques, épuiser les défenses de l’organisme.
En un mot, ce qui cause le stress, c’est le fait d'être coincé. Une situation d'impasse.
C’est vrai des rats. Vous connaissez les travaux de Henri Laborit. On met des rats en situation de ne pouvoir réagir à une situation pénible (ils sont attachés). Et au bout de qq semaines, ils se fabriquent un trou dans l’estomac, un ulcère. C’est automatique.
Autrement dit une situation donnée, des circonstances données, finissent par avoir des répercussions somatiques graves.
Le stress, c'est lié au fait de subir. Subir, c’est-à-dire ne pouvoir ni fuir ni combattre.
(...)
On vit ss arret des frustrations, on doit supporter des contrariétés, être dans l’attente de telle ou telle décision ou échéance. Devant ces événements qui l’impactent, l’individu met en œuvre des mécanismes de défense. Il puise de l’énergie pour préserver son équilibre intérieur face aux modifications du monde environnant. Si on subit trop, si la situation semble sans recours, ou insuportable, il y a un épuisement. Il y a risque de dépression, de baisse des défenses immunologiques, de passage dans le somatique.