Manager le stress
Crise aidant, la question du stress est particulièrement d'actualité. On sait que les effets du stress sont multiples : épuisement, burn-out, difficultés de sommeil, irritabilité, renfermement sur soi, perte de la créativité, et parfois dépression ou somatisation. Comment intervenir pour prévenir autant que possible les effets néfastes du stress, sans se contenter de recourir à des gadgets ? C'est la question qui se pose aux organisations, aux responsables RH, avec d'autant plus d'acuité dans la période actuelle.
Stress relationnel. Pour les managers, les dirigeants, le stress est très lié aux relations avec l'entourage professionnel, et aux émotions qu'elles suscitent. Le sens que l'on donne à son travail, les relations que l'on entretient avec les collègues, la hiérarchie, l'équipe à laquelle on appartient, les jeux de domination et de pouvoir, les questions d'identité… Dans les périodes de crise, les tensions, les frictions sont plus fortes, et mettent à rude épreuve notre système émotionnel. De ce point de vue, la capacité à exprimer sainement ses émotions est un facteur régulateur. C'est la fameuse intelligence émotionnelle. Rien de plus épuisant que d'avoir le sentiment qu'on n'est pas en droit de dire ce qui paraît important - comme c'est le cas dans certaines organisations très normatives ou rigides. C'est la capacité à s'affirmer tranquillement, sereinement, sans prétendre masquer ses propres zones d'incompétence qui est en jeu ici. Et la capacité du système à premettre cette expression et à canaliser utilement les énergies.
Stress lié à l'environnement politique et social. L'incertitude sur l'avenir économique (et politique) est largement anxiogène pour beaucoup de collaborateurs. Comment interpréter les événements ? Sur quelle base décider d'uneligne stratégique, alors que manquent beaucoup d'informations ? Ici, l'analyse objective et rationnelle des situations est un préalable. Elle permet d'évaluer ses points forts, les ressources particulières dont on dispose. Et, surtout, de laisser tomber de vieux schémas pour retrouver un regard frais et percevoir les nouvelles opportunités qui apparaissent - et que parfois nous ne voyons pas.
Comment prévenir le stress ? Comment les organisations peuvent-elles intervenir efficacement ? A quel niveau faut-il agir ? On peut certainement intervenir sur l'environnement des collaborateurs (rythmes, ergonomie, possibilité de se détendre ou de faire une pause pour recharger ses batteries, etc.). Mais on ne peut faire l'économie d'une intervention au niveau managérial. Par exemple, ouvrir des espaces-ressource aux collaborateurs de l'entreprise à travers des ateliers thématiques (sur l'autorité, la conduite du changement, le leadership, etc.) qui leur permettront d'élaborer et d'ajuster ensemble leurs relations de travail, de clarifier leurs enjeux, de définir des plans d'action (l'action est un anti-stress). Cet étayage collectif va stimuler les capacités d'adaptation du système-entreprise. Avec le coaching individuel, ces dispositifs souples permettent l'émergence et l'actualisation d'une culture et d'une vision partagées – bref, d'apporter des réponses à ces questions : où va-t-on, et comment on y va ?


Sur recommandation initiale d'Evelyne Bertin, psychanalyste et prospectiviste, je signale le documentaire (1h 20min) de Marc-Antoine Roudil et Sophie Bruneau, 