11 entries categorized "Politique"

08 janvier 2009

De l'influence et des moyens d'accroître la vôtre

Discours-influence

Les leaders le savent : au cœur de toute communication se trouve la question de l'influence. Quelles que soient nos ambitions et notre domaine d'expression, nous sommes confrontés, au long de notre développement professionnel, à la nécessité de mesurer (et d'accroître) notre influence pour faire aboutir nos projets.

Nos actions n'ont de force et d'effet qu'en alliance avec d'autres, collaborateurs, collègues, partenaires, amis, etc. Pour mettre en oeuvre un projet, il faut s'adjoindre des compétences complémentaires, obtenir des autorisations, des appuis, emporter des décisions. Pour tout cela, la capacité d'influence sera décisive.

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31 mars 2008

La question qui tue

J'observe avec beaucoup de curiosité ce qui se passe au Parti Socialiste, et qui paraît un bon modèle pour s'interroger sur les notions de cohésion, d'efficacité et de leadership dans un groupe politique.

La question posée, à longueur d'interviews dans les journaux, par les différents leaders socialistes, est celle-ci :

leur Parti doit-il d'abord choisir un leader puis s'atteler à construire un programme de gouvernement,

ou bien...

faut-il au contraire commencer par structurer une ligne politique, un corpus idéologique renouvelé, avant de décider qui en fera la promotion devant les électeurs ?

La poule et l'oeuf

C'est une question sidérante. Comme celle de la poule et de l'œuf.

Mais elle est d'un grand secours pour le PS.

- Tant qu'elle reste posée, elle permet de ne pas discuter frontalement des idées (social-démocratie ou gauche à l'ancienne) ni de s'écharper sur le choix d'un leader.

- Elle installe tout le monde dans la configuration OK Corral : celui qui dégaine le premier est mort. Bref, elle gèle la situation interne, et écarte pour un moment le risque – réel – d'éclatement entre plusieurs fractions aux positions irréconciliables.

C'est un peu comme de placer un accidenté grave en coma artificiel. Ca ne le soigne pas, mais ca permet de se donner un peu de temps en espérant que les choses s'améliorent.

On se souvient que lors de l'élection présidentielle, le PS avait fait le choix suivant : le programme d'abord, le leader ensuite. On a vu ce qui s'en est ensuivit. Ségolène Royal s'est trouvée lestée d'un programme inepte, laborieux compromis a minima entre les différents courants. Autant se présenter pour le cent mètres nage libre avec un boulet attaché au pied. Elle coula.

Les électeurs, dans une compétition de ce genre, font leur choix en fonction:

1) des idées qu'un candidat exprime dans ses discours et ses écrits,

2) de sa "personnalité" et de ce qu'ils perçoivent de ses compétences, de son tempérament,

3) de sa capacité à rassembler son camp, c'est-à-dire à réduire les voix discordantes, et à cimenter la cohésion de ses troupes.

De ce point de vue, en 2007, l'avantage de Nicolas Sarkozy était énorme : leader incontesté de son camp, à la tête d'une équipe en ordre de marche, martelant un message parfaitement calibré. (Remarquons au passage que la Ve République promeut un mode de leadership passablement archaïque, celui d'un homme qui concentre tous les pouvoirs, alors qu'à mon avis notre société aurait aujourd'hui un besoin criant de responsabilisation collective et de co-construction.)

L'ordre des priorités
Pour le PS, se questionner de nouveau sur l'ordre des priorités (leader ou programme ?) montre bien que, un an après l'échec retentissant de Ségolène Royal, les cadres du Parti proposent de faire toujours plus du même. Et de mettre sur orbite un prochain échec en 2012. Bel exemple de fonctionnement névrotique, c'est-à-dire une répétition mortifère de ce qui ne fonctionne pas.

En plus de geler la situation, la question qui tue fonctionne aussi comme leurre. Car tout le monde explique, bien sûr, que ce sont les idées qui comptent, le Programme. Les "questions de personne" ? bouh, que c'est vilain. Les idées, en revanche, c'est noble ! Mais les idées ne sont rien si elles ne sont pas incarnées par des hommes et des femmes organisés.

Bref, y penser toujours, n'en parler jamais : la question du leadership, c'est-à-dire de la personne capable de fédérer les énergies pour conquérir le pouvoir, n'est jamais posée au grand jour.

Guerre froide
Au fond, la situation pour le PS est très difficile. Car un leader émerge toujours d'une dynamique. C'est dans l'action, à la manœuvre, que l'on décèle le capitaine, celui auquel on peut confier le choix d'un cap. Lorsque la situation semble tellement tendue que celui qui bouge devient immédiatement une cible, un groupe devient le fossoyeur de sa propre énergie, et détruit toutes les initiatives. C'est une guerre froide qui ne dit pas son nom.

Il faudra aux acteurs de la pièce trouver les moyens de remettre du mouvement, et de redistribuer les cartes – voire d'acter une séparation – afin de sortir du bourbier dans lequel ils sont enlisés, et qui n'est bon pour personne dans un régime bipolaire.

06 février 2008

Les aristocrates à la Lanterne

Comme dit la sagesse populaire, si tu ne t'occupes pas de politique, c'est la politique qui s'occupe de toi. Par curiosité, je suis allé voir deux livres qui sont depuis quelques semaines dans les listes des meilleures ventes, et qui tous deux proposent une critique acerbe (quoique dans des genres forts différents) de la nouvelle présidence.

 

Le premier est celui de Patrick Rambaud, Chronique du règne de Nicolas Ier. Il contient quelques jolies perles, des passages savoureux (un portrait hilarant du général Rondot, la description des tics et de l'agitation de "Son Impétueuse Majesté"), même si le procédé perd de sa force sur la longueur. En le refermant, quelques éclats de rire plus tard, on se dit que la satire est une bouffée d'oxygène bienvenue. Il est heureux - et sain - qu'on se moque des puissants. Il y a dans ce genre d'illustres étrangers, Swift ou Cervantès. Chez nous, Rabelais - et, aujourd'hui, pourquoi pas, le Canard Enchaîné et les Guignols de l'info ! On songe aussi - toutes proportions gardées - aux Lettres Persanes. On se souvient du procédé employé par Montesquieu : prétexter un narrateur venu de loin, un étranger, pour décrire la société du temps, et montrer ainsi, ce que, l'ayant tous les jours sous le nez, nous ne voyons plus. Question de "lunettes", dirait-on, d'exotisme du point de vue. Patrick Rambaud est un écrivain prolifique dont je n'avais rien lu avant cette pochade. Sa réussite, ici, est d'avoir trouvé une langue qui colle parfaitement à son projet. En choisissant de donner cette chronique des premiers mois de règne de M. Sarkozy dans un français pré-révolutionnaire d'une cocasse étrangeté, il éclaire d'un jour cru la comédie du pouvoir, la Cour et les honneurs. Si le roi est nu, avec Rambaud au moins, il est habillé pour l'hiver.

 

Le second livre est "le" Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom? Un pavé aux arêtes tranchantes jeté dans la vitrine du nouveau pouvoir. Radical, tonique, c'est l'implacable réquisitoire d'un opposant sans concession. Alain Badiou, redouté professeur de philosophie à Normale Sup, dénonce dans le sarkozysme un retour du refoulé réactionnaire français, un programme hyperconservateur (les riches plus riches, les pauvres plus pauvres, et une politique sécuritaire en guise de lien social) maquillé dans la confusion d'une rhétorique de rupture. Badiou revendique, avec un certain panache, son engagement marxiste, et ne perd jamais de vue son point de perspective, une "politique d'émancipation" qui a certes plus à voir avec le "Grand soir" qu'avec tout autre chose. Badiou souscrirait sans doute à ce proverbe arabe : "l'honneur d'un homme se mesure au nombre de ses ennemis". Dans la fin de l'ouvrage, il desserre le corset et l'on entr'aperçoit alors sa crainte fondamentale : qu'au final les intérêts particuliers l'emportent sur tout le reste. A désespérer, en somme, de l'humanité et de la Révolution ! La rigueur de la pensée, la tenue de la langue, l'ironie mordante, font de ce petit livre dense un manifeste très stimulant. Quelles que soient les convictions du lecteur, il trouvera là un contre-poison aux discours fluets qui font l'ordinaire de l'actualité politicienne. Je recommande. La liberté de controverse n'est-elle pas l'honneur de la démocratie ?

09 mai 2007

Maître contre Amateur

Magritterenelavictoire C'est à l'issue de l'affrontement que l'on commence à discerner un nouveau paysage – et que l'on peut juger, rétrospectivement, de la stratégie mise en œuvre par les belligérants. Lorsque la fumée se dissipe au dessus du champ de bataille.

Repensant à cette campagne électorale, aussi riche en rebondissements tactiques que pauvre en propositions politiques, je me suis rappelé ce livre du « Doktor » Max Euwe, éphémère champion du monde du jeu d'échecs (en 1935). Ce scientifique, excellent pédagogue, réussit à l'emporter sur le grand Alekhine par une analyse approfondie du jeu de son adversaire et une préparation méticuleuse. Son style sur l'échiquier ne laissa pas une impression extraordinaire, mais il légua aux générations futures quelques livres de stratégie, dont un, fort intéressant, et encore usité, intitulé « Maître contre Amateur ».

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12 mars 2007

Pêche en eaux troubles

Requin Le jeu d'échecs est une de mes marotte. Cela m'a donné ici l'occasion de faire des parallèles avec certains processus tactiques repérables, par exemple, dans une campagne électorale, dans certains aspects de la négociation ou dans une compétition économique.

Une technique bien connue est la pêche en eaux troubles. Il s'agit en somme d'agiter le fond vaseux de l'étang pour obscurcir la vision des rivaux, déboussoler les ennemis, créer la confusion chez les proies.

Aux échecs, cette manoeuvre est utilisée par un joueur en difficulté, ou plus faible. Il voit se refermer sur lui les griffes de son adversaire. S'il continue à jouer normalement, il va céder. Alors, plutôt que de consentir à la passivité, et de contempler sa position se dégrader lentement, il décide, par des coups parfois douteux, de compliquer au maximum la situation sur l'échiquier. Ce faisant, il s'efforce de multiplier devant l'adversaire les chemins possibles (dans une situation complexe, beaucoup de coups deviennent possibles, lequel choisir?). Il lui donne du travail, l'oblige à faire des choix - et pour cela, à consommer un temps précieux. Pas simple de démêler, dans l'écheveau des possibilités, celle qui assurera le maintien de sa domination.

Affaire de prise de risque, donc. Et de jeu psychologique. Dans la campagne électorale, certains acteurs sont des spécialistes du soulèvement de vase. Lancer des leurres, provoquer, créer de l'agitation, se terrer dans le silence quand le temps travaille pour eux. Patienter. A l'affût de l'électeur égaré.

20 janvier 2007

Oedipe Président

Warholfreud Quelle joie quand l'inconscient surgit dans le discours public ! Le mot d'esprit et le lapsus, dont Freud fait les sujets emblématiques (avec le rêve) de son Introduction à la Psychanalyse, fleurissent dans les périodes de campagne électorale, nous rappelant -- et c'est heureux -- que les hommes ne sont pas des machines, et que, pour avoir des "désirs d'avenir", ils n'en sont pas moins mobilisés par le désir de leur inconscient.

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02 décembre 2006

Rompez !

Henri Kaufman s'interroge sur la sémantique de la "rupture tranquille". Un accouplement signifiant des plus étrange, à mon avis. Ce slogan pourrait en effet se révéler un boulet pour celui qu'il est censé promouvoir. Les communicants politiques du candidat de l'UMP se seraient-ils engagés dans une impasse?

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17 novembre 2006

Ségolène joueuse d'échecs

Pour faire suite à une précédente note et rebondir sur les résultats de l'affrontement "cordial" des prétendants à l'investiture au Parti socialiste, quelques mots sur la question de l'initiative.

Prenons comme référence le jeu d'échecs, où cette question est cruciale. Est réputé avoir l'initiative celui (ou celle!) qui a "un coup d'avance". Au début, les Blancs ont l'initiative puisqu'ils commencent la partie. Mais bien sûr, ils peuvent la perdre.

Avoir l'initiative, c'est disposer de temps pour initier de nouvelles menaces, pour prévenir en amont une attaque, pour lancer des opérations stratégiques (par exemple viser tel ou tel côté du champ de bataille). Il y a initiative lorsque l'adversaire n'a d'autre choix que suivre, que "réagir" - risquant de se faire déborder, il doit parer au plus pressé: pour se défendre, mettre en place des contre-mesures, etc. Avoir l'initiative, c'est fixer le tempo de l'affrontement.

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24 octobre 2006

L'emmerdomètre

Bientôt, Jacques Chirac terminera son mandat sous les huées (ou sous les bravos, les Français étant un peuple versatile).

Le documentaire de Patrick Rotman, sur la vie politique du “Chi” (France2), a le mérite de nous remettre en mémoire des événements que nous aurions peut-être préféré oublier : la calamiteuse décision de faire exploser des engins nucléaires français dans le Pacifique, souillant l’océan pour complaire à quelques militaires nostalgiques ; le déshonneur de ne pas démissionner au lendemain de la dissolution, puis du “non” au référendum européen ; l’évacuation systématique de la responsabilité présidentielle, et l’organisation d’une impunité institutionnelle digne d’un parrain de Cosa Nostra.

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Royal, signifiant-maître

Mon ami de café Pierre G. (je n'ose écrire son patronyme sans permission, c'est un personnage ombrageux), m'entretient régulièrement des rapports du signifiant et du signifié. Je dois préciser qu'il est scénariste de son métier. Au fil de nos conversations, j'ai découvert que Pierre a fait sa formation intellectuelle à l'ombre de Saussure, Barthes et Lacan. La linguistique est son domaine, son armature intellectuelle, elle imprègne sa lecture toujours originale des événements et des causalités. Elle sous-tend même, me dit-il, les dialogues de ses scénarios, où la brosse à dents à propos de laquelle se dispute un couple représente évidemment bien autre chose qu'une brosse à dents.

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A propos de l'auteur

Marc Traverson est coach et consultant associé acteüs. Egalement psychothérapeute, il accompagne ses clients dans l'atteinte de leurs objectifs de vie.

  • About to sneak out to go see the new Star Trek movie (don't tell the people I work with) about an hour ago

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