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Un ami (de vingt ans) m'a téléphoné l'autre matin. La sonnerie s’est déclenchée alors que je me dirigeais à pied vers mon bureau pour le premier rendez-vous de la journée. L’église Saint-Eustache et le dôme de la Bourse du Commerce se découpaient sur un ciel bleu pâle. L’air froid transformait l’haleine des passants en petits panaches de vapeur. Je fus surpris de voir apparaître sur l’écran le nom de Franck. Nous ne nous étions pas parlé depuis quelques mois. Surtout, c'était très inattendu d’avoir un appel de sa part à une heure aussi matinale.
Il m’a raconté que je lui étais apparu dans un rêve. J’étais sur une route, et je marchais, vêtu d’un long manteau. Lui passait en voiture, et me voyant, il m’appelait. Pour une raison ou une autre, ce rêve l’avait frappé. Et donc, il avait décidé “d’entendre” ce que lui disait le songe et de lui donner une réalité, en me passant un coup de fil. Nous avons ainsi échangé quelques nouvelles, depuis notre dernière rencontre, et nos voeux pour l’année.
Les anciens accordaient une grande importance aux rêves. Il fût un temps où celui qui avait été visité par un songe le racontait à la foule attentive rassemblée dans l’agora. On ne traitait pas à la légère les visions nocturnes. Elles portaient un message des Dieux, annonçaient des événements heureux ou terribles, prédisaient l’avenir ou interrogeaient la société. Les rêves étaient rares et précieux, non seulement pour le rêveur, mais pour chacun de ceux à qui il les confiait, et qui en étaient à leur tour enrichis. Le sens énigmatique des songes étaient à déchiffrer selon les codes d'un art sans cesse renouvelé, au frontières de la science, du chamanisme, de la poésie. Ils étaient la clé qui ouvrait un champ infini aux interprétations, et celles-ci, ensuite, informaient et fécondaient la réalité, faisant éclore monstres et merveilles.
Le rêve - l’Imaginaire - est la matrice où s’élaborent tous les changements. Le rêve est individuel, mais le sens qu’il produit est tout aussi bien collectif. Et jamais univoque. Notre monde de plastique et de métal ne lui fait guère de place – pour ne pas dire qu’il le méprise. Et cependant rien n’est plus précieux, et humain, que de partager un rêve. Merci, mon vieux Franck, de ton cadeau inattendu, que je passe, comme témoin, à l’agora des lecteurs.
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Cher lecteur, cher lectrice,
Puisque la saison en est venue, permettez-moi de vous adresser sincèrement mes voeux pour une année 2011 aussi heureuse que possible.
Qu'elle soit aussi, pour vous, une année utile. Je ne sais comment vous vous y prendrez, mais voilà une occasion de libérer votre créativité : car il y a mille et une façons d'être ou de se rendre utile. Tout dépend du sens que nous donnons à ce mot (j'ai rappelé dans mon dernier livre combien, a contrario, le sentiment d'inutilité sociale pouvait être difficile à surmonter lorsque l'on est à la recherche d'un emploi).
Au tournant de l'année, pour ma part, j'ai réalisé que j'avais un peu délaissé ce blog. Manque d'appétit ou d'inspiration, impression de ne pas me renouveler. (Si vous êtes vous-même touché par ce syndrome, je vous recommande la lecture des bonnes recettes de Thierry do Espirito pour surmonter le blues du blogueur).
Pour toute activité, nous connaissons des cycles, alternance de temps forts et de temps "faibles" (rien, là, de péjoratif). Il y a par exemple le cycle annuel, que nous marquons collectivement par les festivités de fin d'année et les envois de voeux, les bonnes résolutions et le retour sur l'année écoulée. Il y a des cycles longs, de plusieurs années, qui englobent de véritables tranches de vie, des expériences professionnelles et personnelles structurantes, dont la fin augure de changements profonds dans notre existence - et dans celles des entreprises. Où en êtes-vous, aujourd'hui, de vos cycles de vie et de travail?
Et comme les mois de janvier sont l'occasion de se retourner sur ce qui a été construit, j'en ai profité pour me rappeler que ce blog a été ouvert à l'été 2005 (la première note est ici, si vous avez le goût de l'archéologie). Cela fait tout de même une poignée d'année. A l'époque, nous étions deux coachs à bloguer en France! Aujourd'hui, le "blog de coach" est devenu un exercice incontournable et vous en trouverez de nombreux, excellents, sur la toile.
Puisque l'époque fait à juste titre vertu du recyclage, je me suis donné comme projet 2011 de sélectionner à l'intention des nouveaux ou récents lecteurs de Troisième Voie quelques-unes des meilleures notes publiées au long de ces années, celles qui ont résisté au temps et méritent à mon avis qu'on y revienne. J'utiliserai pour cela en priorité mes profils twitter et facebook. Je vous invite, si ce n'est déjà fait, à m'y rejoindre.
Et vous, que pourriez-vous utilement recycler, de vos expériences ou de vos productions passées, en 2011?
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La suite ici
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Je crois me souvenir que le 8 dans l'imaginaire chinois est un chiffre favorable à la prospérité, ou au moins à la bonne marche des affaires. Il est vrai que c'est un chiffre dont le dessin élégant symbolise une circulation fluide et sans entraves, ce qui est le propre de l'argent ! Alors je vous souhaite une année 2008 pleine de projets qui avancent au rythme que vous souhaitez et dont vous obtiendrez les récoltes méritées.
Et par-dessus tout que 2008 soit une année créative. Tant il est vrai que ce qui nous permet d'avancer, d'innover, de dépasser les obstacles et les difficultés, mais aussi de créer et d'approfondir nos relations, c'est notre créativité, cette capacité à lancer des passerelles inattendues et fructeuses, de voir les situations d'une manière différente, plus ouverte, plus riche, plus belle. Pour cela, sachons faire appel aux autres, et jettons un œil indulgent sur nous-même, un œil attentif à nos ressources plutôt qu'à nos limitations. Trouvons les moyens de travailler ensemble, d'échanger, et de découvrir de nouveaux possibles ! Bonne année à vous, chers lecteurs, et merci du fond du cœur pour votre fidélité et vos encouragements.
PS-pour-rire-un-peu : redécouvrez le peuple des vœux…
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Pardon, je ne devrais pas, mais tout de même : ça énerve.
Ainsi donc, le Président de la République nouvellement élu décida d'écrire, à l'occasion de sa première rentrée, une lettre aux enseignants de France. Il y expose sa vision de l'éducation et des institutions chargés de la mettre en œuvre. Bien. Il paraît que l'initiative est inspirée d'une certaine lettre, adressée aux mêmes, par Jules Ferry en son temps. Très bien.
On apprend que cette lettre, que je n'ai pas lue, comporte quelques 32 pages. Cela fait déjà un document d'un bon poids. Ajoutons-y le nombre de destinaires : 850000. Petit problème d'arithmétique : sachant que des milliers de tonnes de papiers, des centaines de litres d'encre, ont été consacrés à l'édition de ladite missive, que les camions de la poste chargés de diffuser la bonne parole brûlent 10 litres de gasoil aux cent kilomètres, que ledit papier après lecture, finira dans 850000 corbeilles, combien d'hectares de forêts auront été dévasté pour faire passer le message, et de combien l'effet de serre sera-t-il aggravé par les rejets de CO2 afférents?
A l'heure où se prépare un "Grenelle" de l'environnement, pour lutter contre les gaspis et promouvoir les bonnes pratiques environnementales, que l'on fait changer les ampoules électriques des ministère à fin d'économies, L'Etat donne le mauvais exemple. Que fait M. Borloo ? Personne n'a donc eu la présence d'esprit, dans l'entourage de la présidence, de suggérer un mode de diffusion moins coûteux en ressources, plus écologique? Par Internet, par exemple. Pense-t-on que les enseignants n'ont pas accès à un ordinateur ? Ou en couplant un courrier simple, personnalisé, avec une adresse Internet où se trouverait l'ensemble du texte, de façon à diminuer l'impact et le coût de la diffusion. Nul doute que les enseignants auraient compris (et sans doute apprécié) que soit pris en compte le respect de l'environnement dans cette opération de communication politique, si l'argument avait été posé.
Toute éducation se soutient de l'exemple donné, et d'actes cohérents, pour être autre chose qu'un discours creux. Une occasion de faire une pédagogie du développement durable a été manquée.
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Tags Technorati: borloo, développement durable, environnement, lettre aux enseignants, pédagogie, sarkozy
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L'analyse de toute situation personnelle ou professionnelle nous amène à envisager les contraintes qu'elle recèle - et qui pèsent sur nous. On s'aperçoit que l'on doit respecter une certaine forme, des délais, l'avis d'untel, etc. On aimerait faire appel à un consultant, mais il n'y a pas de budget. Ou bien changer de fournisseur, mais un contrat nous en empêche. Bref, on soulève une pierre et voilà tout un tissu d'obligations auxquelles il faut se conformer. Pas drôle!
Explorer une situation dans laquelle on est partie prenante, c'est donc baliser un champ de nécessités et d'impossibilités. Qui nous interdisent, donc, de faire ce que nous voudrions, comme nous voudrions.
Le paradoxe - et le point à ne pas perdre de vue - c'est que les contraintes sont aussi des points d'appui. Rien n'est plus déboussolant qu'une totale liberté, la possibilité de faire tout ou n'importe quoi. Au fond, c'est cela, la fameuse angoisse de la page blanche. Quand rien ne vient nous contraindre, canaliser notre énergie, nous sommes vite perdus.
Michel-Ange écrit quelque part: "L'art naît de contraintes et meurt de liberté".
Imaginez un directeur artistique, qui entend le brief de son client. Ou l'architecte qui répond ç une commande. Il va repérer des attentes par rapport au projet, des critères, des réglementations, qui sont autant de contraintes. Cela compose un "cahier des charges". Et c'est grâce à cela qu'il va pouvoir envisager une forme. Parce qu'il va s'appuyer dessus. Plus vous me donnez de contraintes, plus mon travail est facile, parce que déjà se dessine un réseau de forces, de besoins, auxquels répondre - et qui, en somme, contiennent, en creux, une solution.
Vous ne me croyez pas? Tenez, voilà le résultat d'une contrainte, le vers alexandrin, ce corset de deux fois six pieds:
Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard
(Aragon)
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Bientôt, Jacques Chirac terminera son mandat sous les huées (ou sous les bravos, les Français étant un peuple versatile).
Le documentaire de Patrick Rotman, sur la vie politique du “Chi” (France2), a le mérite de nous remettre en mémoire des événements que nous aurions peut-être préféré oublier : la calamiteuse décision de faire exploser des engins nucléaires français dans le Pacifique, souillant l’océan pour complaire à quelques militaires nostalgiques ; le déshonneur de ne pas démissionner au lendemain de la dissolution, puis du “non” au référendum européen ; l’évacuation systématique de la responsabilité présidentielle, et l’organisation d’une impunité institutionnelle digne d’un parrain de Cosa Nostra.
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Tags Technorati: chirac, france2, nucléaire
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Pour vous rincer l'oeil, c'est ici ...
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Comme l'année dernière Handicap
International a lancé le 15 juillet sa campagne institutionnelle contre les
bombes à sous-munitions.
Tristement d’actualité, puisqu’elles ont été massivement utilisées lors du dernier conflit au Liban, ces armes, qui violent ouvertement le droit international humanitaire, viennent d’être dénoncées par l’ONU. Vous pourrez trouver toutes les informations sur le site www.sousmunitions.org .
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