Peut-on parler du bonheur au travail ? Si le mot choque, qu'on en choisisse un autre : satisfaction, confort, réalisation de soi. Entendons-y simplement le plaisir de faire quelque chose qui ait un sens. Qui réponde à une nécessité intime en même temps que sociale. Qui nous place tant soit peu du côté de l'oeuvre, selon le mot d'Hannnah Arrendt (voir sa définition de l'homo faber dans La Condition de l'homme moderne). S’il est entendu que le bonheur est pour l’individu un idéal, et pour le collectif une utopie, ce besoin d’occuper sa juste place dans la vie professionnelle, dans la reconnaissance de ce que l’on apporte aux autres, dans une saine relation à l'autorité, ce besoin-là n’est pas futile – mais il n’est pas donné, et demande à chacun réflexion.
Le coaching s'inscrit quelque part dans le cercle de cette "utopie active" : sa promesse implicite (son fantasme), n'est-ce pas le réenchantement du travail ? Il revient à chaque coach de l'interpréter, chacun à sa manière, chacun selon sa praxis et ses valeurs - selon son origine, son tempérament, sa culture individuelle. Pour en connaître quelques-uns, je sais qu'on rencontre toutes sortes de coachs. Sans parler de professionnalisme, leur diversité m'apparaîtra toujours comme une richesse. Songer au client : il en faut pour toutes les demandes. Dis-moi quel coach tu choisis je te dirai qui tu es. Dans mes débuts, il y a près de dix ans, un directeur marketing, au moment de me choisir pour l'accompagner, avait eu cette remarque : "L'autre coach que j'ai vu était sympathique, mais trop gentil. Je sais que vous n'allez rien me passer, que vous serez très exigeant, et j'ai besoin de ça." Ne pas en déduire que je suis plus sévère qu'un autre - mais à tout le moins c'est ce qu'avait projeté sur moi ce client - et qui en disait beaucoup… sur lui.
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