Parce que l'inclinaison de la terre par rapport au soleil atteint un point maximum, le solstice d'hiver se manifeste par la nuit la plus longue.
Ce moment particulier du cycle annuel, beaucoup de civilisation en ont fait un jour à part, férié, fêté. Parce qu'il porte, en germe, le retour de la lumière.
Dans le Yi Jing, le grand livre chinois du changement, l'hexagramme 24, Fù, le Retour (ou : le tournant), est associé au solstice d'hiver. Il signifie que le temps de l'obscurité est passé. Cela peut paraître paradoxal, alors qu'elle est à son maximum, mais c'est là toute l'approche taoïste. L'excès porte en lui sa propre défaite. Alors même que l'obscurité semble avoir gagné, c'est la victoire de la lumière qui est annoncée. Voici quelques lignes du Jugement concernant cette figure :
"Après le temps du déclin vient le tournant. La puissante lumière qui avait été chassée refait son entrée. Un mouvement se produit (…) un mouvement naturel, qui naît spontanément. C'est pourquoi la transformation des choses anciennes est parfaitement aisée. (…) C'est pourquoi il ne faut rien précipiter artificiellement. Tout vient spontanément lorsque c'en est le temps. Telle est la voie (le tao) du ciel et de la terre." (Traduction de Richard Wilhelm)
Le Yi Jing est un passionnant et poétique traité de la conduite du changement, porteur de toute la philosophie taoïste. Le commentaire de la figure 24 s'attache à décrire la façon dont nous devons appréhender ce changement précoce (puisqu'au solstice, nous sommes à l'origine, à l'amorce du nouveau cycle).
"En hiver, la puissance vitale – symbolisée par l'éveilleur, le tonnerre – est encore sous terre. Le mouvement est à ses tout premiers débuts. C'est pourquoi on doit le fortifier par le repos, afin de ne pas le gaspiller en en faisant un usage prématuré. (…) La santé qui revient après une maladie, la compréhension qui renaît après un différend, tout doit être traité, à ses débuts, avec délicatesse et ménagement pour que le retour conduise à la prospérité."
Sur ces lignes empreintes de toute la sagesse de l'Orient, je vous souhaite une belle fin d'année.
L'art de la conversation n'est pas donné à tout le monde. Et celui de naviguer à l'aise dans les cocktails, meetings et autres réunions publiques non plus. J'en sais quelque chose, ayant quelque difficulté à survivre dans ce genre de situations que j'ai d'ailleurs tendance à fuir.
Combien d'orateurs commencent leur discours en s'excusant ? "Je sais qu'il est tard, mais…" ou bien "je vais faire très court, car…" Ou encore, "je sais que vous attendez surtout que untel s'exprime..." Etc.
Nous sommes toujours tentés de ramener le monde aux deux dimensions de la pensée linéaire. Une cause, un effet. Une erreur, un coupable. Une action, un résultat. Et ainsi de suite. On se prend aisément les pieds dans ce fil qui nous aveugle et nous limite.

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