Vous connaissez sans doute l'expérience de la grenouille que l'on plonge dans une casserole d'eau bouillante. D'un bond, elle saute par-dessus bord et échappe à la mort. Normal. Mais que l'eau soit froide, et que l'on allume un petit feu sous la casserole – la grenouille ne réagira pas à la montée progressive de la température et se laissera ébouillanter sans réagir.
Il en va ainsi du changement de notre environnement. Lorsqu'il est brutal, soudain, nous réagissons avec force et décision. Mais si les conditions se modifient lentement, insidieusement, progressivement, alors il est plus difficile de se mobiliser et de réagir. Parce qu'il est malaisé de repérer le moment où l'on franchit le seuil de tolérance qui imposerait de notre part une attitude radicale, un choix décisif. Un changement de position. Un vrai mouvement.
Certaines circonstances de la vie font de nous des grenouilles confrontées à un malaise insidieux. Quand la situation s'enlise, se dégrade, tourne à l'aigre, et que nous en souffrons. Il peut s'agir de la position professionnelle, des rapport avec le conjoint ou les enfants, avec la famille, de la qualité de vie. On se dit que la tendance s'inversera, que les choses évolueront forcément dans le bon sens, que ça ne peut pas durer. Et plus on attend, plus il semble difficile d'agir. Nos compromissions nous attachent.

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