Certaines personnes disposent d’une force vitale supérieure à la moyenne. Elles impressionnent par leur capacité à donner d’elle-mêmes. Leurs journées semblent chargées jusqu’à la gueule. On admire leur physique increvable, leur goût de tout mener de front, de se charger de responsabilités, et de le faire avec aisance, un plaisir manifeste, sans y perdre le sommeil. Elles ont du souffle, encaissent les difficultés sans se désunir. Ne semblent pas éprouver le besoin fréquent de s’arrêter, pour digérer, faire le point, tant elles semblent disposer d’une économie personnelle harmonieuse et d’un moral positif. Comme si elles savaient se ressourcer au cœur même de l’événement.
Le versant opposé, ce serait l’hyperactivité, le besoin compulsif de s’agiter ou d’être occupé, l’incapacité de s’arrêter un instant, de laisser couler du temps gratuitement. Quand, en somme, l’activité, par excès, se retourne contre l’efficacité. On dit parfois qu'un employé ou un cadre workaholic, qui s’attarde au bureau après les autres le soir fait, en somme, la démonstration... de son manque d’efficacité. Que s’il passe plus de temps qu’un autre à effectuer sa tache, c’est qu’il s’organise mal. Qu'un déséquilibre entre vie privée et professionnelle signe une difficulté à accorder les différents temps de son existence.
Méfions-nous des généralités. Mais ce qui est sûr, c'est que l’efficacité suppose une capacité à prendre en compte temps forts et temps faibles (comme les liens forts et les liens faibles). Donc de se connaître suffisamment pour utiliser au mieux nos ressources et talents, notre énergie, nos points forts.
Tout le monde n’est pas sur les mêmes rythmes. Notre rythme propre est même l'une de nos principale singularité. Un manager doit jouer de cette variable. En favorisant l’autonomie et la responsabilité des personnes, il leur donne le moyen d’organiser leur temps dans le sens du meilleur usage de celui-ci. En s'entourant de collaborateurs qui ont des rythmes différents/complémentaires du sien, il favorise la solidité du groupe, sa richesse. En tenant compte, dans son management, des temps du groupe et du rythme des individus, il ajuste en permanence les ressources disponibles, et favorise les dynamiques qui servent l'activité de l'entreprise. Un chef d'orchestre fait-il autre chose?
