L’éclectique, c’est celui (ou celle) qui aime changer de terrain, qui alterne les plaisirs et les curiosités, que ses sujets d’intérêts entraînent au loin, la truffe au vent. Il surprend par les connaissances variées qu’il a acquis au gré de ses pérégrinations intellectuelles. Mais il arrive aussi qu’il désarçonne l'interlocuteur: il n’est pas toujours là où on l’attend. Il entre mal dans les cases étroites des recruteurs. On ne sait pas toujours le cerner. On a du mal à objectiver (vilain mot) ses compétences. Quand on cherche un clone, pour un poste donné, l’éclectique peut inquiéter. Ah bon, vous avez été médecin, concepteur de sites internet, et vous êtes aujourd’hui vendeur de solutions informatiques ? C’est très atypique, cher Monsieur.
Eh oui, l’éclectique est atypique, c’est là son moindre défaut. Il a souvent des qualités, de curiosité, d’adaptation, d’ouverture d’esprit. Il a souvent le sens de l’information, et de la créativité à revendre (à condition qu'il sache intelligemment relier entre elles ses connaissances étendues, les hybrider). Mais il a aussi les défauts qu’on imagine, tendance parfois à la dispersion, hantise de la routine et de l’ennui qui s’y attache. Il n’aime pas les limites et joue à saute-barrières.
Aux Etats-Unis, pays jeune, et vaste, on lui ouvre grand les bras. Voilà quelqu’un qui a le sens du changement, et le goût du risque. En France, vieux pays rural, il arrive qu’on le regarde par en dessous… En voilà un qui ne sait pas creuser son sillon, qui manque de racine. Mais au temps du virtuel, et de la mondialitude, ne vous y trompez pas: l'éclectique a toutes ses chances.
