C’est une expression que je ne connaissais pas, et qu’Isabelle Harlé a utilisé il y a quelques temps, lors d’une mission en commun. Ca m’a fait tilt. Il y a comme cela des instants où le langage rejoint soudain quelque chose que nous connaissons mais que l’on n’avait pas formalisé. Un contenu latent se trouve pris dans une forme, un concept. Qui éclaire.
Le délit de compétence, c’est lorsque l’on est pénalisé parce que trop compétent. Cela arrive plus souvent qu’on le croit. Par exemple la compétence d’un nouveau venu dans un groupe peut déranger certaines situations établies. Des personnes en place, qui disposent d’un certain statut, d’un crédit bâti sur la capacité qu’elles ont eu à faire croire qu’elles étaient utiles, indispensables, les meilleures dans leur domaine d’activité, ces personnes peuvent se trouver déstabilisées par une comparaison qui n’est pas en leur faveur.
Dans ces cas-là, il n’est pas rare que le système éjecte le trublion qui vient menacer sa stabilité (son homéostasie) – afin de pouvoir tranquillement continuer son inefficace ronron.

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Le délit de compétence peut aussi pousser un chef à limiter l’ascension d’un collaborateur trop brillant, à couper les têtes qui dépassent, afin que personne ne puisse lui faire de l’ombre et que se perpétue son règne médiocre.
Mesquin ? Eh oui. Accepter de se remettre en cause, apprendre en regardant la façon de faire des autres, admirer le cas échéant leur allant, leur habileté, leur énergie, c’est aussi une compétence! Et c’est comme cela que l’on grandit. Finalement, on devrait toujours remercier plus compétent que soi. Il (ou elle) nous montre le chemin, la route à suivre.
