Pour faire suite à une précédente note
et rebondir sur les résultats de l'affrontement "cordial" des
prétendants à l'investiture au Parti socialiste, quelques mots sur la
question de l'initiative.
Prenons comme référence le jeu d'échecs, où cette question est cruciale. Est réputé avoir l'initiative celui (ou celle!) qui a "un coup d'avance". Au début, les Blancs ont l'initiative puisqu'ils commencent la partie. Mais bien sûr, ils peuvent la perdre.
Avoir l'initiative, c'est disposer de temps pour initier de nouvelles menaces, pour prévenir en amont une attaque, pour lancer des opérations stratégiques (par exemple viser tel ou tel côté du champ de bataille). Il y a initiative lorsque l'adversaire n'a d'autre choix que suivre, que "réagir" - risquant de se faire déborder, il doit parer au plus pressé: pour se défendre, mettre en place des contre-mesures, etc. Avoir l'initiative, c'est fixer le tempo de l'affrontement.
Il est frappant de voir comment Ségolène Royal, dans cette campagne interne, a réussi à conserver de bout en bout l'initiative.

Son coup d'avance, elle l'a toujours conservé, et aucun de ses adversaires, pris de vitesse, n'a réussi à contrer cette dynamique. Elle a réussi à occuper l'espace (médiatique), à décider des terrains d'affrontements idéologiques (encadrement des jeunes, cartes scolaires, collège). Je ne parle pas ici du fond des propositions, mais du fait que son agilité dans ce combat lui a permis de faire apparaître ses opposants comme se déterminant par rapport à elle. Elle a toujours réussi à tenir le centre.
Au jeu d'échecs, le contrôle des cases centrales de l'échiquier donne lieu à une âpre bataille dans l'ouverture de la partie. Le centre est considéré comme un facteur stratégique décisif. Celui qui parvient à y étendre son influence gagne en mobilité, et peut diviser les forces adverses. C'est le plateau de Pratzen. Et c'est de cette position-là que Bonaparte Royal à mené son Austerlitz socialiste, avec un sens consommé du Blitzkrieg.
