Bientôt, Jacques Chirac terminera son mandat sous les huées (ou sous les bravos, les Français étant un peuple versatile).
Le documentaire de Patrick Rotman, sur la vie politique du “Chi” (France2), a le mérite de nous remettre en mémoire des événements que nous aurions peut-être préféré oublier : la calamiteuse décision de faire exploser des engins nucléaires français dans le Pacifique, souillant l’océan pour complaire à quelques militaires nostalgiques ; le déshonneur de ne pas démissionner au lendemain de la dissolution, puis du “non” au référendum européen ; l’évacuation systématique de la responsabilité présidentielle, et l’organisation d’une impunité institutionnelle digne d’un parrain de Cosa Nostra.
Petites annonces gratuitesMais “serre-la-louche”, alias “l’hélicoptère”, aura eu des bonheurs de langage. Rabelais du pauvre, Jacques Chirac a parsemé le désert de ses mandats de quelques fleurs d’une rhétorique colorée, des expressions qui resteront, avec les raffarinades, comme une notable contribution du monde politique à la culture contemporaine. Ainsi apprenait-on que Chirac, pour abattre ses adversaires politiques, faisait en sorte de les harceler — ce qu’il appelle, je cite, “faire péter l’emmerdomètre”.
C’est beau comme l’antique. Et d’une imparable sagesse. Car chacun pourra le constater dans sa propre vie: oui, il y a des jours où l’emmerdomètre explose.
