Toute une branche de la littérature d'anticipation repose sur l'idée que l'homme n'échappera pas à une guerre contre les machines. Le célèbre Terminator fait le récit d'un affrontement contre des machines humanoïdes qui ont pris leur indépendance et ont réduit l'homme en esclavage.
Si l'on se promène à la Défense, le soir (drôle d'idée, j'admets), on verra des milliers de fenêtres éclairées comme autant de cellules d'une immense ruche. Dans chacune, on devine la silhouette d'un humain et la luminescence d'un écran auquel il est dédié. A quoi sommes-nous bons sans un terminal, sans le lien ombilical vers Internet? Nous sommes inclus dans la Matrice. La prolifération des systèmes électroniques dans les interstices de nos vies semble sans fin. Travail, loisir, communication... il devient toujours plus difficile de s'en passer.
Lorsque vient le moment de recharger toutes les batteries des objets qui nous servent de prothèse (téléphone portable, organiseur, dictaphone, lecteur MP3, laptop, jeux vidéo, etc...), il faut se battre dans un entrelacs de fils, de transformateurs, de stations, pour retrouver celui qui va avec la bonne machine. Enfin branchées sur la prise électrique, reconnaissantes, les machines allument des diodes, vertes ou rouges, clignotantes, comme un signe de connivence. Machine farming. Bientôt elles sont repues d'électricité, il faut les décrocher, les ranger. Aux petits soins. Et là, peut-être, un fugitif soupçon: les machines travaillent-elles pour vous, ou est-ce vous qui travaillez pour elles? Et si les machines avaient déjà gagné la guerre?
