Discussion passionnante, chez Isabelle Harlé, autour de la question de l’autorité dans le management, avec des commentaires de Lionel.
… l'idée qu'on se fait de l'autorité, les notions positives ou négatives qu'on associe plus ou moins consciemment à ce mot, le jugement qu'on porte sur l'autorité, les a-prioris et stéréotypes éventuels, sur l'autorité et sur soi-même (…) provient essentiellement des modèles et expériences vécues, avec les parents, un maître d'école important, la conseillère pricipale du collège, le lieutenant, le premier patron, etc… de ce que ces personnes ont dit et fait à propos de l'autorité et de la manière dont on l'a vécu personnellement.
La synthèse d’Isabelle est excellente. Et en même temps, cette affaire d’autorité touche à tant d’aspects ! Une chose qui revient, par exemple, c’est la difficulté qu’il peut y avoir pour beaucoup d’entre nous (et donc de “managers” et de dirigeants, de personnes de pouvoir en général) à exercer une autorité juste, efficace, sans excès (autoritarisme) et sans faiblesse (laxisme), ce qu’Isabelle appelle joliment “l’autorité saine”. Pourquoi ? Certainement parce qu’est infiniment présente dans cette notion d’autorité la dimension oedipienne, dans le rapport au père, à son autorité, à l’exercice qu’il en a fait, à la façon dont elle a été vécue dans la famille. Regardez certains dévoiements (harcèlement, tyrannie, comportements de toute-puissance) que l’on rencontre dans l’entreprise… Quiconque a exercé un pouvoir dans une organisation aura constaté combien certaines personnes pouvaient ré-agir étrangement par rapport à ce statut. Ces projections ne sont pas toujours faciles à vivre “sainement”. C'est d'ailleurs là, entre autres, que le coaching peut aider spectaculairement un manager confronté à ces dimensions inconscientes de la figure d'autorité qu'il lui revient d'incarner, dans son propre style.
Autre aspect : on ne peut contester que l’autorité ait une forte dimension "culturelle". Elle est marquée du sceau de l’époque. La nôtre demande la capacité à marier les valeurs traditionnellement “féminines” (compréhension, souci de l’autre) et “masculines” (capacité à trancher). L’autorité, c’est la question des limites. C’est pouvoir dire “non” – et savoir dire “oui”. Elle exige de connaître ses propres limites. D’ailleurs n’est-ce pas l’une des dimensions du chef, celui qui dessine clairement “le cadre” de l’action collective ?
Et vous, l'autorité, cela vous évoque quoi ?
