En ces temps de débat sur la précarité, une question qui agite l'édition américaine est celle du "personal branding". Ou comment, lorsque l'on est un cadre, se transformer en une "marque" sur le marché du travail. On est assez loin du CPE... Il est vrai que cette approche s'adresse en priorité aux "knowledge workers", les travailleurs intellectuels (qui ont vite fait de se métamorphoser, dans un pays à l'économie atone, en "intellos précaires"!).
Il s'agit donc de "se vendre" au mieux (formulation stupide, à mon sens, mais tellement souvent entendue). Je préfère le terme de "marketing personnel", plus juste. Le branding, au fond, c'est l'ensemble des moyens qui établissent une "marque" c'est-à-dire une reconnaissance sur un marché donné. Il faut, en somme, sortir du lot. Tous les chercheurs d'emploi et les cadres qui ont envie de bouger savent de quoi je veux parler. Se faire remarquer, se faire reconnaître. Faire de son cv celui qui restera sur le haut de la pile.
Evidemment, les Américains pensent "outils", et au premier chef, outils électroniques. La construction d'une "personal branding" se fait, d'abord, dans le cyberspace. Blogs, wikis, plate-formes de networking (viaduc en France, par exemple) sont les points nodaux qu'il s'agit de conquérir. Le territoire est celui de la notoriété. Il faut sortir aux premiers rangs sur google dans son secteur d'activité, etc.
Cette tendance à l'individualisation/personnalisation des compétences et du profil personnel n'est pas une mode mais un mouvement de fond, une restructuration du rapport au travail. La mondialisation économique touche maintenant l'individu, sommé, s'il souhaite faire reconnaître et monnayer ses compétences spécifiques à leur juste valeur, de se transformer en "petite entreprise": sinon il connaîtra... la crise ! En France, la vague croissante des consultants procède de cette logique. Les quarantenaires, les cinquantenaires, ont de moins en moins de chance de trouver un poste salarié "traditionnel". Cette mutation rapide du rapport entre le travailleur et l'entreprise se caractérise notamment par des formes de contractualisation par "projet" plutôt que sur le long terme. Ce n'est pas sans poser de nombreuses questions, d'ordre économique et social. C'est aussi, me semble-t-il, un appel à l'inventivité...
Et vous, qu'en pensez-vous ?
NB: J'apologize beaucoup pour tous les anglicismes et américanismes dans cette note. Mais en matière d'Internet comme d'économie, le moyen de faire autrement ?...
NB2: Lire ici un chapitre de "bulletproof your career"
NB3: le blog "Bold Career" de Ian Christie
Tags: marketing personnel ; développement professionnel ; carrière ; marque ; consultant; précarité

