« On manque cruellement de leaders qui ont développé des dimensions émotionnelles et physiques » explique un responsable RH dans un article des Echos cité par Olivier Piazza sur son excellent blog Selfway.
Je dois avouer ma perplexité devant ce propos. Et pourtant je parle couramment, s'il le faut, la novlangue du management. Mais là, c'est un peu too much. On a l'impression que l'on réinvente la roue ! Est-ce à dire que, jusqu'à présent, les leaders n'étaient que des cerveaux gauches sur pattes, dépourvus de tripes et du reste ?
« La dimension cognitive suffisait auparavant mais, aujourd'hui, les dirigeants sont aussi confrontés aux paradoxes, à l'ambiguïté et à l'imprévisibilité »
Pas possible. La "dimension cognitive" suffisait ? Qu'est-ce que cela veut dire ? Tout homme, leader ou non, contient dans sa boîte crânienne un organe, appelé cerveau, pourvu de fonctions cognitives, c'est entendu. Mais le raisonnement qui assimile la personne humaine a une machine pourvue de "fonctions", relève d'une idéologie bien pauvre. Ce réductionnisme rappelle des siècles anciens, quand les Diafoirus réduisaient la créature humaine à leurs "humeurs". Aujourd'hui, vous êtes un "ensemble de comportements". Même erreur. Cependant moins excusable, car on a fait, depuis, quelques découvertes...
Conclusion de l'article :
"L'époque du dirigeant unidimensionnel est révolue"
A croire donc que nos prédécesseurs étaient tous des crétins "unidimensionnels" ? Transmis aux grands entrepreneurs et leaders du passé. Ils apprécieront. Au-delà de la maladresse du propos, soyons un peu humbles et ne nous prenons pas pour des surhommes. Le management, sans doute la "science" la moins exacte qui soit, demande d'abord de se débarrasser des préjugés, des a priori, pour aborder les situations avec volonté et disponibilité, ouverture. Il semble qu'il y ait encore quelque chemin à parcourir.
