Plus les années passent, je crois, et plus je trouve de plaisir à entamer une nouvelle année. Comme si le symbole d’un nouveau chiffre 1 était en soi une promesse de renouvellement : je conçois qu’il s’agit là d’une croyance quelque peu ésotérique… Encore que.
La fin de l’année dans notre calendrier correspond à peu de choses près au solstice d’hiver, événement notable dans l’ordre cosmologique – dont les conséquences sont importantes sur notre physiologie. On sait assez combien l’ensoleillement agit sur nos rythmes physiologiques, et corrélativement sur l’humeur (la dépression d’automne est liée à la baisse de la luminosité et au racourcissement du jour).
Ainsi le début de l’année est aussi la période où les jours commencent à rallonger. La tendance est donc vers la lumière, vers l’été, la maturation, la fructification, la récolte. On n’en est cependant qu’au début, aux prémisses. Cette inversion de tendance est éminemment discrète. Mais c’est alors, nous dit par exemple le profond et sage Yi-King, que naissent les courants porteurs, que se prépare l’avenir, à un stade tellement précoce et subtil que nous avons, plus qu’à tout autre moment, le pouvoir de l’influencer. C’est le moment crucial de l’incubation. Ensuite les choses seront moins plastiques, elles se figeront dans une forme.
Les rythmes sont la vie même. Rythme cardiaque, fréquences de la voix. Le rythme annuel est certainement l’un des plus significatifs et structurants de nos activités sociales et professionnelles. J’utilise presque toujours le début d’année, ce moment de promesse symbolique, pour clarifier mes enjeux, mes objectifs, mes priorités. Avec le temps, j’ai remarqué que souvent, se mettent en place à ce moment des projets importants, et de nouvelles alliances. Disons que j’ai, comme l’a écrit Jean-Bertrand Pontalis dans son plus beau livre, “l’amour des commencements”.
Et vous, qu’auriez-vous le désir de mettre en place dans votre vie à l’aube de cette nouvelle année ?
