“Je fais plein de choses différentes, c’est difficile à expliquer, je ne sais pas par quel bout commencer”
Cette phrase, je l’ai entendue il y a quelques jours, dans la bouche d’une consultante qui mène de front plusieurs missions et travaille en même temps sur des projets de développement de son activité. Elle est brillante, compétente, et cependant il lui est difficile de présenter son activité en peu de mots.
Le cas est fréquent chez les consultants “solos” et les personnes en cours d’évolution professionnelle. C’est le syndrome du “quelle casquette choisir ?” Lorsqu’il nous arrive d’être interrogé sur notre activité du moment, et sachant que l’attention accordée par notre interlocuteur est généralement d’une durée limitée, comment répondre utilement, sans qu’il ait envie de zapper ?
Pour certains, pas de problème : “je suis directeur général de la société Untel Corp” est une réponse qui s’impose (encore qu’elle ne décrive pas forcément grand chose). Mais si l’on est indépendant, et que l’on dispose d’un savoir-faire particulier, de méthodes originales, la tentation est forte de trop en dire, de vouloir replacer notre activité dans un contexte, de préciser notre parcours, nos missions du moment, etc.
L’exercice du speed networking confronte de manière radicale à cette contrainte : une durée très limitée (1 mn en général) pour se présenter. De nombreux clubs et réseaux proposent à leurs membres des exercices d’entraînement à la présentation rapide. Ce training est utile, sans doute… à condition de se rappeler que nous ne sommes pas des perroquets ! Certaines personnes, conditionnées par les supposées “bonnes règles de networking”, sont corsetées dans une présentation artificielle, factice. D’autres produisent un boniment appris par coeur, qui n’éveille que l’ennui.
Alors je risque quelques conseils généraux, tirés de mon expérience :
1 – Le naturel doit prévaloir autant que possible. C’est la meilleure chance que nous ayons de “rencontrer” vraiment notre interlocuteur, de l’intéresser, et de se faire entendre. Préparer est toujours utile, y compris en choisissant des mots adaptés et simple pour décrire notre activité. Mais, en situation, il vaut mieux les oublier, pour avoir le maximum de présence et de spontanéité.
2 – Ne vous pressez pas – même si votre interlocuteur montre des signes d’impatience ! Son urgence n’est pas la vôtre. Respirez.
3 – N’essayez pas de faire rentrer au chausse-pied, en parlant à toute vitesse, votre profil, votre offre de services et vos trois meilleures références, dans le temps que met votre interlocuteur pour reprendre son souffle. Il vaut mieux se taire que d’être inaudible.
4. Sachez exprimer votre ressenti sur la situation. Si vous trouvez l’exercice du speed networking cruel ou difficile, dites-le d’emblée. Il y a des chances que cela accroche l’attention bien mieux qu’un discours appris, c’est-à-dire, répété.
5. Faites confiance à votre intuition. Vous êtes à la fois formateur et expert, et il vous est difficile d’expliquer cette double compétence ? Choisissez une option et positionnez-vous d’une manière claire. Il sera toujours temps de développer vos compétences si la relation s’installe.
6. Si le moment vous paraît finalement peu propice, parlez d’autre chose que de vous. Il y a fort à parier que vous aller déclencher de la curiosité. N’est-ce pas, au fond, tout ce que recherche celui qui présente son activité professionnelle ?
Et vous, avez-vous un souvenir de vos expériences de “rencontres rapides” ? Et quelle leçon en avez-vous retenu ?