Non, je ne pars pas tout de suite… Si j’y pense, la chaleur aidant, c’est que nous arrivons à la période où beaucoup l’envisagent. La vacance, plutôt que les vacances. La vacance, nous dit le Robert, un mot qui vient de loin… La vacance, c'est le "manque". C'est ce qui est libre. La vacance, bien sûr, c’est aussi le vide. Pas le rien. Le vide est une notion d’une infinie richesse, qu’aucun mot d’aucune langue ne suffit à épuiser. (Le vide est le Tout et le tout est le vide…)
Dans les traditions orientales, bouddhistes notamment, le vide est considéré comme le lieu d’une éclosion. Chez nous il est bien souvent considéré comme l’endroit de ce qui manque. C’est la vieille histoire du verre à moitié plein, etc.
Nous, Occidentaux, avons souvent le réflexe de combler le vide, y compris le vide de parole ou de mots. Qui supporte un blanc dans la conversation ? Un espace ouvert au vent de l’imagination.
Le vide appelle la nouveauté. Dans le bouddhisme zen, il est un opérateur du changement profond. Dans l’assise méditative immobile, zazen, le pratiquant s’efforce de laisser passer les nuages dans son ciel mental (détachement), laissant ainsi la chance à son esprit de s’apaiser. Il laisse ainsi surgir les intuitions profondes (insights), ces décisions que nous ne prenons pas, mais qui nous prennent – et signent l’accord d’un instant d’harmonie entre les dimensions de l’Être.
