Une note pour répondre à la question de Laurent, qui intéresse tous les demandeurs d'emploi : "Comment aborder l'entretien de recrutement dans les meilleures conditions, c'est-à-dire d'égal à égal ?"
Comme toujours, sur les questions de comportement, il est hasardeux de généraliser. Nous avons tous notre tempérament, nos supposées "qualités" et nos prétendus "défauts". Or ce qui se passe dans une rencontre entre deux personnes relève d'une alchimie unique, y compris lors de cet exercice imposé que l'on appelle l'entretien d'embauche. Celui-ci aura beau être "formaté", contraint par une procédure qui peut être lourde, il y a toujours de la place pour la créativité et l'inattendu. La disponibilité d'esprit est donc la condition de la réussite.
A partir de mon expérience de coaching de chercheurs d'emploi et de cadres en évolution professionnelle, je voudrais proposer cinq conseils -- à discuter !
1 - Ne pensez pas à la place du recruteur
Il est impossible de connaître tous les critères du recruteur, les contraintes qui sont les siennes, les
contradictions qu'il porte. Dites-vous que vous ne pouvez pas savoir ce qui va déclencher son intérêt.
2 - Soyez "opérationnel"
On suggère parfois au demandeur de se comporter dans l'entretien de recrutement comme au premier jour de son entrée dans l'entreprise. C'est une idée intéressante, qui peut aider à se mettre en phase avec son interlocuteur, d'une manière concrète. Attention cependant : cela ne marche pas si votre interlocuteur est un intermédiaire (cabinet de recrutement, par exemple).
3 - Ne cherchez pas à être un "bon élève"
C'est un mauvais calcul d'adopter une attitude passive, type béni oui-oui, si ce n'est pas votre caractère. Tout simplement parce que ce n'est pas nécessairement celle qui déclenchera l'intérêt de l'interlocuteur (voir principe 1)
4 - Pensez que "vous achetez" un poste
C'est une technique simple pour réduire un peu l'asymétrie des positions.
Pour se sortir du pénible sentiment d'être seulement demandeur, et d'être à la merci de l'autre, il est intéressant de vous positionner comme un "acheteur". Vous aussi vous avez vos critères. Vous aussi vous devez vérifier que le contenu du poste correspond à ce qui est dit dans l'annonce. Soyez curieux. L'entretien de recrutement est le bon moment pour demander de l'information, des précisions sur le poste, son environnement, l'organigramme, etc. Ainsi vous serez plus impliqué, plus actif pendant le dialogue.
5 - Préparez sans tricher ... et oubliez les échecs
Pour n'avoir aucun regret, préparez votre intervention. Sans essayer de maquiller les choses : vous seriez mal à l'aise. Toute la difficulté, dans un entretien de recrutement, est de conserver son naturel, en dépit de l'enjeu qui s'attache, parfois, à la situation. Soyez un bon avocat de vous-même. Chaussez des lunettes roses pour considérer votre parcours et vos capacités avec bienveillance. Faites confiance à votre capacité d'apprendre pour vous hausser à la hauteur du poste. La confiance est contagieuse. Elle sera votre meilleure alliée.
Et si ca ne passe pas, ne vous désolez pas, et surtout ne prenez pas un refus pour un rejet de votre personne. Ce n'était pas le bon poste, voilà tout.
J'ajouterai, pour conclure, que quelques séances de coaching individuel, ou au sein d'un groupe, peuvent permettre de mieux gérer ce type d'événement, pour faire en sorte de mettre le maximum de chances de son côté. Si vous souhaitez être accompagné dans votre démarche, me contacter directement.
La petite vignette d'illustration vient d'ici
