C'est un peu la question que pose le psychanalyste Adam Phillips dans son livre "La boîte d'Houdini - L'art de s'échapper". A travers le cas du célèbre illusionniste américain du début du siècle, mais aussi en revisitant le discours de l'un ou l'autre de ses patients, Phillips envisage, sous de multiples angles, ce désir étrange qui nous pousse à construire, de nos propres mains, de savants dispositifs auxquels nous nous efforçons d'échapper.
Au fond, dit-il, nous nous définissons autant par ce que nous recherchons effectivement dans nos vies, que par tout ce que nous cherchons à éviter, à contourner, tout ce qui nous inquiète et nous fait peur. Tout ce qui touche de trop près à certains désirs auxquels nous ne pouvons supporter de nous confronter. Ainsi, en creux, par le négatif, se dessine une géographie singulière.
Le livre est très intelligent, et tisse une dentelle subtile entre le portrait d'Houdini, qui apparaît comme une espèce de médium, ou de prophète de l'ère du divertissement de masse, et des notations d'une belle originalité sur certains concepts analytiques, le Symptome, le Désir, la Perversion notamment. Je ne connaissais pas Phillips, dont la quatrième de couverture nous indique qu'il est "un des plus importants psychanalyste anglais", mais son livre donne envie d'aller faire une incursion vers ses autres titres publiés en Français : La Mort qui fait aimer la Vie et Le Pouvoir psy - c'est en tout cas ce que m'indique une rapide recherche sur fnac.com.
Ah oui, tout de même un bémol : la traduction à la hache de certains chapitres, qui nuit à leur lisibilité.
Autre constat : je ne peux citer le livre, que j'ai oublié dans l'avion de mon retour de vacances, juste après en avoir lu les dernières lignes. Il s'est échappé ?
