J'ai promis dans une précédente note de parler du mode de management "chimpanzé" - toujours selon mes souvenirs du livre de Marie Muzard. Chose promise...
Eh bien, les dirigeants-chimpanzés sont très "souples", non directifs, pas mégalo. Ils tissent un grand nombre d'alliance au sein du groupe, et s'attachent à les consolider par de nombreux gestes de considération. Ils ont tout compris du réseau. Le manager chimpanzé a certainement un blog, il s'impose par son intelligence des rapports entre les individus, et sa séduction, plutôt qu'en utilisant la force, ou en exerçant une domination physique, comme le gorille. Très adaptable, aimant les organisations horizontales, capable de se remettre en question, ils est le plus politique des grands singes - après l'homme. L'inconvénient, pour le leader chimpanzé, c'est que son leadership est, de ce fait, relativement fragile. Car il repose sur un consensus au sein du groupe - et celui-ci peut basculer. Le chimpanzé est donc en permanente campagne électorale. Passionnant, sans doute, mais aussi... épuisant.
Après les gorilles et les chimpanzés, le troisième style de gestion du pouvoir est représenté par un autocrate: le macaque. Celui-là, c'est plutôt le genre a créer entre lui et ses subordonnés et collaborateurs une distance glacée. Il aime la solitude silencieuse de l'univers feutré des 607. Il ne se mélange pas avec le menu fretin, très conscient qu'il est de sa supériorité. Froid, calculateur, cassant à l'occasion, il impose un pouvoir de fer sur l'organisation. Sa rigidité est, aussi, son point faible. On recrute parmi les managers macaques les meilleurs cost-killers. Ce sont des tueurs nés.
Notez : j'ignore au fond si ces portraits se rapprochent de près ou de loin de l'éthologie des primates. Si vous avez un avis sur le sujet ...
