Un article intéressant dans le nouvel Obs-Challenges, sous la plume de Dominique Perrin.
Il y est notamment question de la difficulté qu'éprouvent désormais les quadras à (re)trouver un emploi, quelles que soient leur compétence et leur motivation. Le couperet de l'âge, qui s'abat sur les cadres aux abords de la cinquantaine, frapperait plus tôt encore. De quoi réduire comme peau de chagrin le nombre des personnes en situation de travailler.
Extrait :
"Les résultats des sondages Cap Gemini-TNS Sofres que publie Challenges sont édifiants. Quels salariés éprouvent le plus de lassitude au travail ? Les quadras. Lesquels sont les plus déçus et les plus inquiets ? Les quadras. A quel moment chute le niveau de motivation ? A la quarantaine. Parmi les cadres, ce n’est guère plus gai, l’anxiété règne : près de 40 % des 46-50 ans estiment que les changements dans leur entreprise ou leur administration représentent un risque."
Dans un marché du travail atone, seul le cadre de 25-35 ans semble en odeur de sainteté. Il est moins cher. On le suppose "malléable". Le quadra fait peur : il est dans la force de l'âge. Celui qui le recrute peut craindre pour sa place...
"En fait, les quadras sont coincés entre les jeunes « hauts potentiels » et les quinquas qui trustent les postes hiérarchiques. Co-auteur de La Diversité des âges (Ed. Liaisons) et membre du Conseil économique et social pour la CFDT, Bernard Quintreau précise : « Les quadras espéraient avoir des promotions dans les années à venir, mais les seniors partent de moins en moins de façon anticipée."
Ainsi, par exclusions successives, par appauvrissement de sa "ressource humaine", l'entreprise se vide-t-elle de sa force vive, de sa capacité d'adaptation, et de rebond. Logique de court terme : la monoculture est toujours fragile.
Quant au marché de l'emploi il ressemble de plus en plus à un jeu de chaises musicales. Après les quinquas, les Blacks, les Beurs, les non-diplômés, les trop diplômés, quel sera le prochain exclu ? Evaluer, catégoriser, exclure, rejetter. Tandis que dans les écrans de télévision, les autorités en place expliquent qu'il faut "réhabiliter la valeur travail". Comprenne qui pourra. Pour ma part, je préfère regarder "le maillon faible".
Terrible constat ! Peut-on longtemps exclure du jeu économique ceux et celles qui constituent les classes d'âge les plus dynamiques par nature ? Peut-on sans dommage laisser sur le bord de la route les "seniors", avec leur expérience, leur maturité et leur capacité à dépassionner les relations humaines pour aller à l'essentiel ?
Au fond, il y a tout de même une belle nouvelle pour toutes les entreprises : il y a un plein vivier de gens formidables, compétents, bourrés d'énergie, à recruter. C'est le moment. Foncez ! Et vite. Car d'une manière ou d'une autre cette génération-là va se mettre en mouvement. Autant en profiter, non ?
