Propos saisi à la volée, dans une émission de télévision où intervenait l'acteur Christian Clavier. "Un énorme succès, disait-il, ce n'est pas forcément facile à vivre, tout le monde vous dit que vous êtes formidable, dans ces moments-là, ce n'est pas facile d'évoluer." (je ne garantis pas l'exactitude du propos, mais c'était le sens général)
Le succès, donc, peut nous figer. Nous bloquer sur une séquence de vie. Si on a atteint le sommet, à quoi bon modifier quoi que ce soit? Et puis, arrivé en haut, on ne peut que se maintenir (jusqu'à quand?) ou redescendre, pas vrai? C'est bien l'inconfort de l'affaire. D'autant que le succès dont il s'agit ici, succès médiatique, succès d'image, relève d'une appréciation extérieure à nous. Il ne dit rien de notre être et de notre harmonie personnelle. Or de même qu'il vaut mieux considérer les critiques qui nous sont faites avec recul -- il est prudent de ne pas prendre les éloges pour argent comptant. Même si cela peut flatter notre narcissisme. Mais finalement, Narcisse, n'est-ce pas justement celui qui n'a pas su dépasser le stade de sa propre image? Celui qui est resté en arrêt devant le miroir?
On peut relier cela à l'approche processive propre à la vision taoïste, qui m'inspire depuis que je lis François Jullien (j'y reviendrai, notamment à propos de son dernier livre). Dans le monde chinois, du point de vue de la force vitale, il est recommandé par dessus tout de permettre à l'énergie de circuler. On redoute les noeuds, les stases, la sclérose, bref ce qui nuit à la souplesse, donc à notre capacité d'adaptation.
Le coaching est un dispositif qui vise à nous rendre mobile, mieux aptes à élaborer des réponses nouvelles, à épouser avec le maximum d'efficacité des circonstances particulières, et des modifications de notre environnement relationnel et organisationnel. En ce sens, il est pour moi, résolument, du côté du mouvement.
