C'est une question à laquelle on n'échappe pas, et qui recouvre parfois des malentendus : quels sont les outils du coach ?
Le mot "outil" est sympathique, il évoque le concret, et fleure bon l'artisanat. Appliqué au coaching en entreprise, il semble qu'il rassure. Le dentiste utilise bien une fraise pour traiter une carie ; pourquoi le coach n'emploierait-il pas, lui aussi, un instrument pour guérir le manque de motivation, ou l'excès de stress ?
On plaisante à moitié. Le marché du coaching est envahi par la question des outils et des méthodes. Analyse transactionnelle, PNL (programmation neuro-linguistique), MBTI, Ennéagramme, Process communication, dialogue intérieur, sophrologie, hypnose et hypnose éricksonnienne, école de Palo Alto, psychologie cognitive ou comportementaliste, j'aurais bien du mal à faire une liste exhaustive des pratiques recensées qui proposent chacune leur trousse à "outils".
Toutes ces approches, me semble-t-il, ont pour intérêt de donner au coach un cadre de réflexion pour sa pratique. Des repères. Des dispositifs dintervention (par exemple des jeux de rôles, des questions-type, etc.). Tout cela est évidemment utile. Et la plupart des coaches, même s'ils ne se reconnaissent pas nécessairement dans une seule de ces approches, peuvent y trouver de nouvelles idées, des moyens d'élargir leur compréhension et d'approfondir leur réflexion.
Mais les outils ne font pas le coach. Même avec le matériel dernier cri, un mauvais dentiste reste un mauvais dentiste. J'ajoute, et ce sera ma principale critique, que nombre de ces méthodes, d'importation américaine, portent en elle une certaine philosophie de l'humain "aplati", réduit à une machine, dont il suffirait de redresser quelques rouages, ou de corriger quelques travers (par le biais d'une forme de "rééducation" du comportement) pour en faire un "winner", ou simplement l'élément fonctionnel d'un système. Vision un peu inquiétante, parce que réductrice. Qui nie la part de l'inconscient dans les conduites humaines. Et risque de déboucher, en guise de coaching, sur une approche systématique ou mécanique, vouée à l'échec et aux déconvenues. L'homme n'est pas un instrument.
Alors quoi ? Sur quelles bases théoriques établir une pratique saine du coaching - sans prétendre faire de cette relation d'aide une science exacte ?
Pour ma part, je pense que le premier "outil" du coach - et cela, quelque soit la méthode dont il se réclame - reste sa compréhension du tranfert. Rien ne remplace, au fond, pour un coach, la capacité à savoir ne pas se prendre pour ce qu'il n'est pas ! C'est l'humilité et la lucidité nécessaires pour aborder chaque situation avec le minimum d'a priori, et la plus grande créativité. Le transfert, qui ne s'apprend dans aucune école, dans aucun livre, n'est garanti par aucun diplôme - mais qui est au coeur de toute relation d'aide.
