Corporate Bullshit 3: états d'âme

Intéressante expression que celle-ci, "je n'ai pas d'états d'âme", mais également son pendant "il a des états d'âme"...

Vous arrive-t'il de les utiliser ?

J'avais cessé de les utiliser depuis fort longtemps, jusqu'à ce que dernièrement, un proche rappelle cette ambivalence à ma mémoire.

Avoir des états d'âmes

- ça peut vouloir dire se laisser conduire par ses états émotionnels, ce qui, au travail, n'est pas totalement recommandé, même si l'on sait que les décisions stratégiques ont une part inévitable d'irrationnel

- ça peut vouloir dire se sentir concerné par les implications d'une action ou d'une décision en cours, avoir des doutes, ce qui, au travail, est recommandé, de temps en temps au moins


Ne pas avoir d'états d'âmes

- ça peut vouloir dire renoncer à quelque chose qui nous est important, au profit de la qualité de la décision à prendre, ce qui est admirable,

- ça peut vouloir dire refuser de prendre en compte le travail effectué depuis trois ans par d'autres, ce qui traduit soit une volonté de prendre le pouvoir ce qui pose la question de l'autorité, soit une belle méconnaissance...


Critères d'observation :
- avoir ou ne pas avoir d'états d'âmes à propos des autres personnes ou à propos de soi-même ? That is the question !

C'est un petit peu comme "c'est plus simple !" ... oui, mais plus simple pour qui ?


L'extrème extrème de l'absence d'états d'âme, c'est l'expérience de Milgram sur l'obéissance...
A lire aussi : NAOMI KLEIN "The Shock Doctrine"

C'est pas grave ? c'est plus simple ?

Avez vous remarqué que dans certains cas, les expressions "c'est pas grave", ou "c'est plus simple comme ça" sont particulièrement agaçantes ?

Je propose de décoder ici ce qui provoque l'agacement...


C'est pas grave !

Cette expression relativise explicitement les conséquence d'un incident. Faisons l'hypothèse que l'incident n'a réellement pas de conséquence dramatique (une évaluation dépourvue de méconnaissance sur l'importance du problème)

Ce n'est pas agaçant si c'est dit par celui qui a subit le petit dommage ... qui libère en cela l'auteur de l'incident d'une culpabilité éventuellement exagérée.

Lire la suite "C'est pas grave ? c'est plus simple ? " »

Corporate bullshit 2: Quick-Win

Expressions usuelles : "nous devons identifier des quick-wins" , "je suis sûr qu'il y a bien quelques quick-wins"

Traduction litérale:  gain rapide.

Dans son utilisation Corporate, il faut comprendre gain rapide ET facile.

Cela sous entend plusieurs choses :
- qu'il existe encore dans l'entreprise des zones dans lesquelles on peut faire des gains rapides et faciles
- que les destinataires du message comportant l'injonction quick-win n'ont pas déjà exploré ce qui pouvait être gagné facilement
- que l'émetteur du message comportant l'expression quick-win pense qu'il y a des opportunités sans pour autant être en mesure de les nommer spécifiquement

Tout ceci n'est vrai que dans des circonstances bien spécifiques, comme par exemple l'exploration de nouveaux territoires, ou les organisations dans lesquelles une longue période de trouble a laissé s'installer un désordre patent.

Le reste du temps, ça sent bon la méconnaissance.....
- un nouveau chef qui suppose que son équipe, pourtant là depuis longtemps et avec un certain succès, n'a malgré tout pas récolté les opportunités "faciles" ?
- un nouveau regard sur une situation qui suppose "rapides et faciles" des choses qui vont demander de l'attention et du travail ?
- un partenaire qui présuppose que ses coéquipiers ont mal gèré les priorités ?

Corporate bullshit pour les nuls

J'ouvre ici une nouvelle série de billets d'humeur, à propos de ce vocabulaire anglo-saxon qu'on trouve dans les entreprises, grandes et parfois aussi les moins grandes....

Le mot ou l'expression figurant au titre du billet sera décodé avec l'AT, généralement la grille des Etats du Moi, dans un esprit d'élévation du regard, une tentative de dissiper la fumée.

Voyons donc pour commencer l'expression "corporate bullshit", à titre d'exemple.


Parent :  Le Corporate Bullshit, c'est quand "ils" ne savent tellement pas quoi dire qu'ils préfèrent le cacher sous du jargon. Vous êtes sensé savoir de quoi je parle, enfin !

Enfant : Le Corporate Bullshit, c'est un jargon fumeux qui fait que je ne suis jamais sûre d'avoir bien compris. Je peux me faire piéger si je pose des questions.

Adulte : Le Corporate Bullshit, c'est une technique efficace de détournement de l'attention, ou un habillage discret de nouvelles désagréables ou d'incertitude inconfortables, sous du jargon pseudo-savant. Il permet aussi de montrer son appartenance à une culture d'entreprise. 

N'hésitez pas à réagir, voire à proposer vos propre expressions de Corporate Bullshit préférées, et nous tenterons de les décoder !

Tordons le cou à la bienveillance (pour une fois)

La position de vie +/+ est parfois confondue avec un angélisme de bon ton, parti pris de positivisme, et obligation de respect de l'autre au niveau social.

Attention, danger !

L'essence de la position +/+ n'est pas de voir l'autre bon là où il n'est pas, mais de voir l'autre et de l'accepter TEL QU'IL EST.  Le réalisme fait partie de la position +/+ , y compris lorsqu'on observe de la mauvaise foi en face de soi, au delà de la maladresse.

La bienveillance qui persiste lorsqu'on accumule les revers relationnels, engagements non tenus par l'interlocuteur, coups bas et peaux de banane, ça devient du Parentage Nourricier (il ne faut pas leur en vouloir, je suis au dessus de ça) ou de la Victimisation en préparation (je sacrifie mon amour-propre, ils finiront bien par réaliser que je suis réellement bien intentionné) . Et là, on n'est plus dans la position +/+.

Mais alors, me direz vous, comment rester +/+ face à des interlocuteurs aux intentions incertaines et aux comportements limites ou abusifs ?

Le premier +, c'est le respect de soi : je me sens compétente à observer ce qui se passe, apte à faire face à cela, légitime à vouloir être respectée, et capable de poser des actes sains.

Le second +, c'est le respect de l'autre, y compris dans ses dysfonctionnements : il est assez grand pour assumer les conséquences de ses comportements, il est capable de décider lui-même que faire de mes réactions, je n'ai pas à le protéger, ni à lui imposer ma pensée.

Et au final, on peut, toujours en position +/+ décider de mettre fin à une relation lorsque c'est possible, ou bien s'adapter lucidement à la réalité : "je ne l'apprécie pas et je n'aime pas ses manières avec moi, mais je choisis de rester dans cette entreprise et ça implique que je dois travailler avec lui, alors je vais le faire avec prudence et en me protégeant."

Motivation ?

Une note de Marc Traverson, qui évoque les causes et conséquences, les réponses globales et individuelles...  et une conclusion confrontante : la paresse de rester fidèle à soi-même ?

Coacher la motivation

Marc

Travail d'équipe au collège

Je reçois du collège de ma fille un document qui vante les mérites du séjour à la montagne que le collège prévoit d'organiser pour les classes de 3ème cette année.
Leur argumentaire est basé essentiellement sur "travailler ensemble (préparer le BEPC ensemble), c'est mieux"..... et "bien se connaitre, c'est mieux"

Fort bien, me dis-je, mais c'est tout de même dommage, d'attendre le mois de juin de la classe de 3ème pour instaurer du travail d'équipe, non ?

- j'aurais préféré qu'on parle de travail d'équipe dès la première des quatre années de collège, pas la dernière....

Fort bien, me dis-je, mais c'est tout de même dommage de donner l'impression qu'il faut "sortir du cadre", et aller dans un site exceptionnel, pour instaurer du travail d'équipe, non ?

- j'aurai bien aimé qu'on instaure le travail d'équipe dans le quotidien, et non pas dans l'exceptionnel, comme il devra l'être au travail, pour la vaste majorité d'entre eux....

Le pire, c'est que, partageant ces réflexions avec ma fille, au moment de signer le document donnant mon accord, elle me fait tomber de haut, d'un revers de la main :  de toutes façons, maman, tout ça, sur ce papier, c'est juste du marketing pour convaincre les parents et la collectivité de payer, parce que le travail d'équipe y'en aura pas. 

ARRGGHHHH !
On a encore du chemin à faire, dans les collèges de france, entre la conscience que l'expression "travail d'équipe" est politiquement correcte, la conscience que ça correspond à un vrai besoin et enfin, plus tard, la conscience que c'est un mode de fonctionnement qui devrait être transmis à nos jeunes ....

Question de coach

  Qu'elle s'adresse à un individu ou à une équipe, la question du coach est comme un instrument de pêche.
Question précise posée comme une ligne de traine, question ouverte lancée comme un épervier, série méthodique de questions passées comme des coups de haveneau explorant les recoins d'un trou d'eau, ou encore question sans réponse, qu'on laissera en place comme un casier à homard dans un bon coin.

 

Casiers
 




La prise de pêche ?

  Une opportunité d'avancer, une idée, une option, une solution, un éclair de compréhension.....
  Même les résistances sont de belles prises de pêche, puisqu'elles signalent une zone où le changement n'est pas encore passé.

  Bonne pêche!

  Article:  la question du coach est un instrument de pêche

 

l'Analyse Transactionnelle, approche secticide

Saluons nos consoeurs de l'IAT (Institut d'Analyse Transactionnelle) à Lille, pour leur excellente "réponse aux dénigrements de l'AT"  que vous trouverez à télécharger sur leur site  dans la rubrique LES NEWS / AUTRES INFOS.

Nous ne résistons pas à l'envie de citer directement l'un des paragraphes de ce texte, intitulé "Allez au délà des apparences" , et qui vous invite par quelques questions, à évaluer vous-même le niveau de "sectitude" des praticiens au contact desquels vous ou vos collaborateurs se trouvent.

Lire la suite "l'Analyse Transactionnelle, approche secticide" »

Milgram et les limites de l'autorité

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En 1974, Stanley Milgram publie "soumission à l'autorité".

A quelques dizaines de volontaires recrûtés par petites annonces, sous le prétexte de participer à une étude sur la mémoire, il fait subir en réalité un test sur la soumission à l'autorité.


Expérience :

En leur faisant croire que les chocs electriques d'intensité croissante qu'ils sont chargés d'administrer à un sujet "en apprentissage" pour sanctionner ses erreurs, sont vrais (alors qu'ils ne le sont pas, l'apprenant est un comparse), il les soumet à l'autorité de l'expérimentateur, de sa blouse blanche et derrière lui à l'autorité de l'université.

Contrairement aux prévisions ménées préalablement avec l'aide de spécialistes, c'est non pas un ou deux sur mille mais 65% des sujets traités qui sont allés au delà de la dose signalées explicitement comme "dangereuse" et ceci à trois reprises.

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Leçon pour les managers:

Cette expérience nous alerte sur les limites de l'autorité comme méthode de résolution des problèmes, puisqu'en se soumettant à l'autorité, l'individu semble "débrancher" une partie de ses neurones, de sa sensibilité, de son bon sens.

Oui, c'est parfois plus simple d'obtenir une obéïssance aveugle de ses troupes.
Oui, c'est même parfois plus confortable pour les troupes en question, mais attention: Les cadres et managers qui eux-mêmes se soumettent au système qui les rémunère perdent un peu de leurs neurones, sensibilité, bon sens, et leurs collaborateurs doivent en abandonner un peu pour préserver la cohésion du système.

Lorsque je fais taire ma fille d'un "cesse de discutailler et obeït", j'économise du temps et de l'énergie, mais je nous prive par la même occasion d'un commentaire et d'une remarque qui, parfois, aurait pu être enrichissant.


En autorité comme en alcool, l' "abus d'excès" est nuisible !
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L'AUTEUR

  • Isabelle Harle
    Isabelle Harlé

    Coach, Analyste transactionnelle certifiée - Champs des Organisations

    Associée acteüs

    Dans ce blog, vous trouverez des cas de management tirés de ma pratique de coach, des réflexions sur l'autorité et l'Analyse Transactionnelle, et quelques détails sur ma pratique du coaching en bateau...

    Pascale Théobald est co-auteur des "Fiches AT"

acteüs

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