La fiche AT "Jeux Psychologiques", proposait la définition des Jeux basée sur le Triangle Dramatique (Persécuteur, Sauveur, Victime). Voyons ici une autre définition des Jeux, qui est d'ailleurs celle proposée par Eric Berne à l'origine.Les deux définitions sont illustrées par le même Jeu "Oui, mais ...".
Définition
Séquence
semi-prévisible d'échanges entre deux ou plusieurs personnes comportant un
niveau inconscient biaisé. Chacun participe sans le savoir à la séquence
ou « formule » des Jeux décrite par Eric Berne :
Accroche
+ Point Faible = Réponse(s) --> Coup
de Théâtre / Moment de Stupeur --> Bénéfice Négatif
Il
faut deux joueurs au moins pour conduire un Jeu, et seules les personnes n’ayant
pas joué (ou sorties du Jeu avant la fin) ne récoltent pas le bénéfice négatif.
Illustration: le Jeu de "Oui, mais…"
Michel,
commercial très aguerri dans l’entreprise lance de façon plaintive "je n’y
arriverai jamais avec ce client !"
Voici
un professionnel qui n'utilise pas ses ressources et compétence et ne formule
pas de demande claire. Formulons l’hypothèse que ceci est une accroche et
observons ce qui se passe.
L’invitation
au Jeu est lancée, voyons si elle prend…
Jacques,
technicien suggère : « tu pourrais peut être … ? »
Voilà
un professionnel qui donne de l'aide non sollicitée, en dehors de sa propre
expertise ?
Formulons
quelques hypothèses sur le point faible de Jacques (seul l’intéressé peut
identifier réellement son point faible dans l’histoire, une fois sorti du Jeu
et avec une grande sincérité) :
-
le besoin de se sentir utile ?
-
un sentiment diffus de dette vis à vis de Michel ?
-
une envie secrète et inconsciente de prendre l’ascendant sur Michel ?
Michel,
alors, a beau jeu de répliquer "oui, mais avec lui ça ne marche
pas.."
Jacques
fait une seconde tentative "et si tu en parlais avec …? "
Michel
"oui mais, lui il ne connaît pas ce …"
L’hypothèse
de jeu se confirme, signée par la séquence "pourquoi est-ce que tu ne /
oui, mais " qui donne son nom au Jeu
Après
quelques autres bons conseils repoussés, l'un des deux s'énerve contre l'autre,
et ce basculement en forme de "coup de théatre" va amener chacun, après
un moment de stupeur , à un sentiment interne négatif qui lui est
habituel. Michel se sent par
exemple amèrement supérieur à un Jacques incapable de l'aider, et Jacques se sent ici mal aimé / mal
reconnu pour son attitude aidante.
Chacun se dit que décidément, c'est toujours comme ça, ou jamais ce
qu'on voudrait que ça soit.
L’hypothèse
de jeu est validée
Exercice :
Identifiez un de vos Jeux habituels et préparez-vous
à porter un regard indulgent ou franchement humoristique sur la situation.
Imaginez au moins trois répliques ou actions utilisables en cours de Jeu, et
destinées à désamorcer le Jeu. Ne vous intéressez qu'à votre propre partition,
pas celle de votre partenaire.
exemples :
-
" ha, zut ! je me
suis pris les pieds dans le tapis !"
-
faire le geste de
rembobiner la séquence pour la reprendre au début
-
passer au mode ludique
pour jouer en riant la version prévisible de la suite
Questions :
Le jeu prend souvent la place d’un besoin non
satisfait : être reconnu, stimulé, remarqué, aidé, être important …
Quels besoins avez-vous tendance à chercher à
satisfaire de manière indirecte ?
Et si vous envisagiez de les satisfaire en direct ?
Quels sont les points faibles avec lesquels vous
vous faites régulièrement pièger ?
Point de vigilance :
Matériel sensible à manier avec beaucoup de précaution
sous peine de voir la situation s’envenimer. En effet, le jeu est une façon inconsciente
et maladroite de rentrer en relation, peu efficace certes, mais l’intention n’est
pas de nuire à l’autre. Nous pouvons nous interroger et agir sur notre part des
Jeux Psychologiques, en aucun cas
stigmatiser l’autre d’un « tu es un Joueur », parce que le Jeu n’est réellement
matérialisé que par la récolte du Bénéfice Négatif, ce qui implique que les
deux partenaires ont été actifs.



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