Expressions usuelles : "nous devons identifier des quick-wins" , "je suis sûr qu'il y a bien quelques quick-wins"
Traduction litérale: gain rapide.
Dans son utilisation Corporate, il faut comprendre gain rapide ET facile.
Cela sous entend plusieurs choses :
- qu'il existe encore dans l'entreprise des zones dans lesquelles on peut faire des gains rapides et faciles
- que les destinataires du message comportant l'injonction quick-win n'ont pas déjà exploré ce qui pouvait être gagné facilement
- que l'émetteur du message comportant l'expression quick-win pense qu'il y a des opportunités sans pour autant être en mesure de les nommer spécifiquement
Tout ceci n'est vrai que dans des circonstances bien spécifiques, comme par exemple l'exploration de nouveaux territoires, ou les organisations dans lesquelles une longue période de trouble a laissé s'installer un désordre patent.
Le reste du temps, ça sent bon la méconnaissance.....
- un nouveau chef qui suppose que son équipe, pourtant là depuis longtemps et avec un certain succès, n'a malgré tout pas récolté les opportunités "faciles" ?
- un nouveau regard sur une situation qui suppose "rapides et faciles" des choses qui vont demander de l'attention et du travail ?
- un partenaire qui présuppose que ses coéquipiers ont mal gèré les priorités ?



Hello, Isabelle, bravo pour ta série sur le corporate jargon.
Autre aspect du "quick win" : se focaliser sur une action a priori considérée comme anecdotique ou peu valorisante, mais qui a le mérite d'engager un changement... et cela alors que tout le monde discute beaucoup en coupant les cheveux en quatre au lieu de se retrousser les manches. En somme le bullshiteux "quick win" serait le "premier pas", dans l'expression "Même un tour du monde commence par un premier pas". Un pas, facile et rapide, oui, mais après rien n'est plus pareil !
Bises
Marc
Rédigé par : Marc Traverson | 10 avril 2009 à 14:02
Hello Marc, merci pour tes encouragements !
Ce que tu évoque ici, moi je l'appelle plutot "next step" ... et je ne le classe pas en bullshit.
C'est un petit passage à l'acte, qui, en effet, a le mérite d'avancer d'un cran au lieu de continuer à discourir.
Le "next step" se distingue du "quick-win" en ne promettant pas de gain. Il promet juste une avancée, il est ancré dans "ici et maintenant".
Rédigé par : Isabelle Harlé | 13 avril 2009 à 12:34
L'exigence de Quick Win peut parfois être comme un coup de marteau sur un tube de dentifrice vide :
- expulsion (contre le miroir) d'un jet insuffisant de dentifrice,
- destruction du tube désormais vide,
- réaction choquée de l'entourage.
Je pousse un peu là non ?
Amitiés et bravo à vous 2
Rédigé par : Pierre Aulagne | 21 janvier 2010 à 20:58
Merci pour le clin d'oeil, Pierre, je pense parfois à un citron et le dicton "on ne peut pas extraire plus de jus que ce que le citron contient", ça se ressemble un peu...
Cela dit, quick-win ça existe en vrai, par exemple sur les tubes de dentifrice neufs et les citrons juste cueillis. J'ai souvenir d'une ancienne collaboratrice qui est passée du privé à une ONG, et là, dans cet environnement, dans cette ONG-là, elle a en effet trouvé des gains "rapides et faciles".
Rédigé par : Isabelle Harlé | 24 janvier 2010 à 19:54
Bonjour à vous et merci pour vos articles !
En l'occurrence le citron "juste cueilli" est-il une métaphore pour "l'équipe qui a un gros potentiel de développement non exploité" ?
Les regards convergent alors vers le manager, son mentor, son recruteur (biffer les mentions inutiles)...
Comment a il osé ne pas faire bénéficier l'entreprise de ce "quick win" ? Est-il incompétent ? Non, il ignore tout du BPI tout simplement ;-)
La méthode Six Sigma gagnerait à se généraliser dans les entreprises !
Encore tous mes encouragements (du petit aux grands).
Rédigé par : Pierre Aulagne | 25 janvier 2010 à 14:28
Pierre, je suis d'accord avec la diffusion de la méthode Six Sigma (je suis moi-même Black Belt) mais pas d'accord avec l'insinuation que s'il y a des quick-wins, il y a forcément un incompétent aux commandes !
Outre le cas d'un changement d'environnement comme celui que j'ai déjà mentionné (une directrice financière qui passe du public à l'ONG) , on peut imaginer un changement brutal dans l'environnement, une ouverture de frontière, une nouvelle technologie qui arrive à maturité, etc...
Cela dit ... l'équipe qui a un gros potentiel de développement non exploité, ça PEUT vouloir dire qu'elle a dormi sur ces lauriers pendant quelques années.
Si j'en reviens à l'origine de ma note, il me semble que je visais plutôt les nouveaux arrivants, nouveaux dirigeants, nouveaux élus, qui croient que les quick-wins existent "sans examen préalable".
Dans la plupart des cas, ce qui était facile a déjà été fait, et ce qui reste en vue, même d'apparence facile, va nécessité effort / durée / arbitrage / etc...
Rédigé par : Isabelle Harlé | 25 janvier 2010 à 14:46
Je suis d'accord avec votre analyse, un quick win ne signifie pas la présence d'un incompétent, j'ai plutôt l'impression que c'est la présence d'une personne qui aurait besoin de training ou de remise en question (éventuellement des process, parfois d'elle même aussi).
Par ailleurs, j'ironisais (gentiment) sur les nouveaux promus qui veulent réinventer une roue qui ne tournait pas si mal en faisant miroiter des quick win (et remarquer leur "upside" sur leur prédécesseur), mais sans voir les "quick lost" qui vont en découler, ne serait-ce que dans les coûts d'apprentissage amenant les quick win. C'est typique des politiques, et des organisations qui en découlent.
A mon avis, comme on dit en informatique (mon ancien job) : "Do not fix unless broken". Apparemment nous nous rejoignons (et j'en suis heureux) sur la conclusion.
Amitiés,
Pierre
Rédigé par : Pierre Aulagne | 26 janvier 2010 à 10:40
J'adore l'expression "quick lost" !
Elle traduit très bien une impression récurrente que j'ai, lorsqu'on me présente une nouvelle organisation, loi , solution technologique, avec un peu trop d'enthousiasme sur ses effets positifs attendus ...
Mon impression récurrente, c'est qu'on n'a pas suffisamment réfléchi aux inconvénients, effets secondaires, risques .... ou bien qu'on y a réfléchi mais qu'on préfère les minimiser.
En accompagnement du changement, je dis souvent aux managers "ne cachez pas les désagréments de ce nouveau système informatique que vous allez déployer, pour les utilisateurs, acceptez d'en parler, si vous les connaissez, acceptez de les entendre s'ils vous sont révélés à l'implémentation. Ca ne changera sans doute pas le choix d'entreprise de déployer, mais ça évitera au moins que les opérationnels aient l'impression qu'on se moque d'eux".
Tiens ça ferait bien matière à une nouvelle note, ça....
merci Pierre pour l'échange !
Rédigé par : Isabelle Harlé | 26 janvier 2010 à 11:05