En navigation hauturière, au grand large, loin de toutes les côtes, le navigateur est contraint de se fier à ses instruments et à ses calculs pour connaître sa position et la route à suivre. Il n'y a que de très rares exceptions à cette loi. On mentionnera, pour le plaisir de l'anecdote, le seau d'eau tiré toutes les 3 heures au large du brésil, dans lequel la main trempée va confirmer, aux écarts sensibles de température, si nous sommes dans le gulf stream ou en dehors, et donc, selon le sens de la route, vers le nord ou vers le sud, si nous devons y rester pour profiter du courant favorable, ou en sortir.
Mais en navigation hauturière, les dangers de la côte étant loin, la précision requise est faible, et les mesures ou calculs renouvellés jour après jour permettent de recouper les informations pour sécuriser la route. 
C'est le grand projet de mutation du système informatique dans ses phases intermédiaires, peu d'indicateurs terrain d'avancement sont disponibles. On doit se fier au tableau de bord des ressources consommées et des jalons franchis, pour estimer que le travail avance, estimer si la vitesse d'avancement est bonne, et décider d'éventuelles corrections.
A l'approche des côtes, les navigateurs avisés procèdent autrement: ils cherchent dès que possible une validation sur le terrain de leurs observations et calculs, même des calculs du GPS. La terre est une affaire sérieuse, quelques heures et parfois quelques minutes d'écart sur la route restant à parcourir peuvent signer la différence entre une arrivée en sécurité et un bateau fracassé sur les rochers (plus loin qu'estimé) ou une marée entière de bagarre au passage d'un cap difficile (moins loin qu'estimé). Le point GPS sera recoupé avec une identification des phares et balises disponibles, instructions nautiques à la main, ou bien la vitesse sera réduite pour permettre à l'observation de la côte, de son profil, des routes des autres bateaux, des transparences de l'eau, du retour de houle, des brisants, etc…. de finaliser l'approche.
C'est le grand projet informatique à l'approche de la bascule, pendant le mois de décembre 1999 ou durant les semaines qui précèdent la migration vers SAP. Le dirigeant avisé complète ses informations du tableau de bord de suivi de projet par des observations terrain : niveau de stress des programmeurs, niveau de tension chez les utilisateurs, fluidité des tests, disponibilité de l'équipe projet et clarté de ses réponses, autant d'indicateurs terrain qui permettent de finaliser l'approche.
Négliger la valeur de l'observation terrain, ou à l'inverse négliger la valeur des instruments, évite de se confronter à d'éventuels signaux contradictoires, mais prive justement de cette alerte.



Bonjour,
Cet article fait écho à des mots échangés avec une amie ce we sur le fait de brasser des idées, du vent et finalement une recherche sur wikipédia, pour ne pas le nommer, nous a mis le vent en poupe et fera un lien avec cet article fort édifiant :)
Je les reporte ici :
En vocabulaire maritime, brasser se dit de l'action d'orienter la voilure d'un navire, par exemple en tirant sur les écoutes ou les amures et en relâchant l'autre côté. Cette opération nécessitait beaucoup de personnel (et donc de bras) pour haler sur les cordages car c'était souvent l'ensemble du phare (désignation d'un mât avec toutes ses voiles carrées) qu'il fallait orienter lors d'un changement de route. L'ensemble de ces actions s'appellent le brasseyage et était plus ou moins difficile en fonction des frottements des cordages, des espars et des voiles.
Une chanson de marin célèbre dit : "et brassons bien partout carré, nous serons vent arrière". Un navire "brassé-carré" est un navire qui avance au vent arrière, avec les vergues perpendiculaires à l'axe du bateau, allure calme et portante, synonyme de voyage agéable.
Bon vent à tous !
Rédigé par : Pascale Laffillé | 04 février 2008 à 16:08