Extrait conférence "L’Analyse Transactionnelle, un chemin vers l’Autonomie", donnée par Pascale Théobald, dans le cadre des Soirées Culturelles des Lauriéres, à Tours, organisée par Martine Le COZ et Caroline MONDON le 2 février 2007
Sur les fonds baptismaux de l’Analyse Transactionnelle deux figures importantes se sont penchées : le père d’Eric Berne, médecin aux USA qui visait a soigner rapidement les patients des quartiers pauvres où il officiait, et sa mère, auteur d’ouvrages de science dont elle assurait la « vulgarisation » pour les rendre accessibles au plus grand nombre.
Et c’est le début de la démarche vers l’autonomie : donner accès et partager l’information en la rendant simple, pour que la personne soit acteur de son propre chemin de guérison.
L’AT c’est à la fois un modèle de communication par l’étude des échanges entre les individus (les transactions), une approche psychologique par la compréhension de la structure intra psychique de la personne, une position humaniste par les grands postulats qui la sous tendent : chaque individu est intrinsèquement OK, capable de changer et de participer activement à son chemin vers l’autonomie.
Mais, c’est quoi l’autonomie en AT ?
3 grandes "capacités" à trouver ou retrouver :
La conscience, capacité à percevoir la réalité et la subjectivité de cette réalité, la conscience de ce que nos 5 sens captent ici et maintenant, de la façon dont nos orchestrons et traitons ces informations pour agir ou faire sens.
La spontanéité, capacité à réagir dans le présent, libre dans notre pensée, nos émotions de toute influence ancienne.
L’intimité, la capacité à être en confiance ave l’autre, dans notre puissance ou notre vulnérabilité, authenticité de nos limites, nos besoins et acceptant la réciproque.
Alors pourquoi ce chemin vers l’autonomie ?
Chemin parce que c’est souvent un parcours de vie que de se trouver soi-même
Vers parce que l’absolu n’est pas de ce monde et que de viser à atteindre l’absolu c’est déjà un biais possible, risque de totalitarisme (merci à la personne qui a posé la question " être tout le temps dans l’autonomie, c’est possible ?")
Autonomie parce ce que c’est ce qui nous permet de mobiliser au mieux notre énergie de vie (physis) nos ressources en fonction de nous même, nos envies et besoins, nos objectifs de vie, notre réalité
Qu’est ce qui peut entraver cette autonomie ?
En regardant de plus près quelques concepts d’AT , j’ai envie de montrer les liens, les freins, les moyens de développer l’autonomie.
Ceci n’a pas l’ambition d’être exhaustif, plus une invitation à penser, expérimenter peut être, aller lire ou relire certains ouvrages regarder les choses autrement.
Les concepts clefs auxquels je pense sont les Etats du Moi, les Transactions, les Jeux et le Scénario
Concept fondateur de AT, les Etats du Moi (EM) sont les élements qui ont construit et construisent notre personnalité.
Très schématiquement notre état du moi Enfant est le premier à se construire, au début de notre vie, il porte les traces de ce que nous avons ressentis, expérimenté à de niveaux plus ou moins conscients. La Madeleine de Proust en est un exemple : odeur, saveur, douceur du passé qui ressurgit, fait revivre un moment de notre enfance ;
Notre état du moi Parent s’est construit en introjectant les élements qui ont contribué a notre socialisation : règle de vie ou de politesse, modèle d’autorité, valeurs du travail, les "il faut …", "tu dois…"
Nous y avons non seulement les exemples de nos parents, mais aussi nos instit's, entraîneurs, grands parents, toutes les figures qui ont fait autorité pour nous, nous cadrant ou nous protégeant. Nos premiers patrons font partie aussi de cet Etat du Moi, par les modèle et croyances qu’ils ont pu nous transmettre sur le management, l’autorité par exemple. Il est teinté de notre environnement culturel, ce qui se fait dans notre pays, notre milieu socio culturel. Un Français peut de retrouver à manger face à un anglais qui a une main sous la table, et le trouver mal élevé, alors que dans sa culture c’est la bonne façon de faire.
Ces 2 états du moi ont en commun d’être lié a notre passé.
L’état du moi Adulte est actif dans notre présent : nos 5 sens captent des informations que notre cerveau traite, pour leur donner un sens , comprendre, agir .
Alors le lien avec l’autonomie ?
Quand dans une situation de notre vie courante, ou exceptionnelle, nos réactions sont issues de notre Etat du Moi Parent ou Enfant, hors de la conscience de l’Adulte, elles sont limitées par nos expériences passées, par nos croyances parfois limitantes, déconnectée de la réalité ou n’en prenant en compte qu’une partie.
"on ne parle pas en présence des grandes personnes" me disait mon père …. Comment fonctionne ce filtre, à l'age adulte ? je ne prends pas ma place dans une réunion pro alors même qu'on attend, du cadre que je suis devenue, une participation active.
« méfie toi des compliments » me disait ma mère … aujourd’hui, j’accueille avec suspicion les commentaires positifs sur mon travail, me privant ainsi d’une source de motivation et de progression. Comment m’en réjouir aujourd'hui spontanément, comment faire confiance à celui qui me les adresse et qui reste déstabilisé par ma réaction réticente ?
Les sentiments vécus par notre Enfant, sa façon magique de voir le monde, ou terrible était ce que nous avions trouvé de mieux , du haut de notre petite taille , de notre dépendance, de notre capacité à comprendre ce qui nous entourait dans nos premières années. Il nous ont permis de trouver une place, imaginer ou prévoir les réactions de notre environnement, mais aujourd’hui sont ils toujours d’actualité ?
Quand mon estomac se serre, mes mains deviennent moites parce que je dois "affronter" mon patron, lui rendre un rapport, ces filtres là m’empêchent de mobiliser mon intelligence, et m'empêchent de mettre en œuvre des réactions appropriées à la situation réelle. Je cherche à imaginer ce qu’il a dans la tête, j’interprète une mimique comme réaction négative, j’adapte mon comportement à ce que j’imagine être dans sa tête…
L’autonomie à ce moment là ce pourrait être :
- j’ai conscience de cette boule dans le ventre et je me pose la question de ce qui aujourd’hui peut provoquer cela ?
- j'évalue quel est le risque dans cette relation avec cet autre, en positon hiérarchique ?
- avec spontanéité, je respire, je sens mes pieds sur le sol, je regarde sans interpréter, tranquillement, le visage de mon interlocuteur.
- Intimité, ou proximité professionnelle, je sais qu’il est exigeant mais juste, capable de dire les choses en direct, je sais aussi que si je suis capable de lui faire part de mes doutes, il peut les entendre et m’aider à les résoudre.
- Je peux alors mobiliser mon écoute, mon intelligence pour inter agir avec lui.
- Mon énergie, au lieu d’être dépensée dans des émotions du passé, captée par des filtres me faisant être en décalage avec la réalité, est là, bien présente pour moi, ici et maintenant, présente dans cette relation qui a toutes les chances d’aboutir efficacement .
a suivre .......




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