13 mois après une note bien commentée sur l'Autorité, quelques définitions, et alors que je commence à structurer le sommaire de mon livre, je retrouve, dans un livre de Gérard Mendel Une Histoire de l'Autorité, un florilège de nouvelles définitions et citations.
Umberto Saba :
Mais qui osait, sous le règle de François-Joseph, parler à un supérieur sans y être invité?
Pierre Mâle : (à propos de l'attitude adéquate face aux adolescents)
La fermeté, oui, l'autorité, non
Distingo intéressant entre les deux, selon G. Mendel : la fermeté met en jeu soi-même. Etre ferme, c'est face à l'autre, faire montre de manière explicite et sans faiblesse des valeurs qui sont nôtres. L'autorité cherche d'abord à agir sur l'interlocuteur.
Gérard Mendel :
Il semble qu'une définition puisse être retrouvée qui obtienne l'assentiment général. Elle caractériserait l'autorité comme
la variété de pouvoir qui assure l'obéissance des subordonnés sans user de la force manifeste, de la contrainte physique, de la menace explicite, et sans avoir à fournir justification, argument ou explications.
Anna Harendt :
L'autorité exclut l'usage de moyens extérieurs de coercition; là ou la force est employée, l'autorité proprement dite a échoué. L'autorité, d'autre part, est incompatible avec la persuasion qui présuppose l'égalité et opére par un processus d'argumentation. Là où on a recours à des arguments, l'autorité est laissée de coté. Face à lo'ordre égalitaire de la persuasion, se tient l'ordre autoritaire qui est toujours hiérarchique.
S'il faut vraiment définir l'autorité, alors ce doit être en l'opposant à la fois à la contrainte par la force et à la persuasion par arguments.
Un contresens :
En poursuivant sur cette lignée de définitions, Gérard Mendel souligne le contresens conceptuel que représente la tendance, dans les établissements scolaires à en appeler à la "restauration de l'autorité" alors qu'on pense explicitement à l'emploi de la coercition "contrôle des absences et retards, avertissements, filtrage des entrées, fermeture des grilles, barèmes de sanction, conseil de discipline".
Une illusion :
Il achève ce raisonnement, quelques phrases plus loin ... tout ce passe comme si, parlant de l'autorité, nous cédions à la nostalgie d'un temps où, plus même que l'obéissance obtenue sans justification, c'est le concensus, l'absence de conflit qui nous fascinent.
Ma moisson :
Se dégagent de ce nouveau florilège quelques aspects saillants :
- on définit ici surtout l'autorité par ses effets, et non par sa nature. Par les manifestations de son existance ou de son absence. Ce qui nous donne (chouette!) des critères d'observation :
A quoi le manager voit-il qu'il a suffisamment d'autorité ou pas ?
- la représentation de l'autorité change dans le temps, ou bien sa source. en effet, les mêmes professeurs, qui détenaient autrefois ce pouvoir de faire obéir sans discussion des classes entières, découvrent aujourd'hui que cela ne va pas de soi. De même, les entreprises recrutent aujourd'hui de nouvelles générations de collaborateurs, qui ne répondent pas de la manière attendue par les générations précédentes, actuellement aux postes d'"autorité"....
choc des générations.
- avoir recours à l'argumentation (expliquer ses décision à ses collaborateurs) ou à la coercition (faire appliquer strictement un contrat de travail ou la loi) ne sont pas de mauvaises choses en soi, c'est simplement autre chose que l'exercice de l'Autorité. Peut-être, que, justement, savoir utiliser sainement l'autorité, c'est savoir y renoncer par moments, pour consacrer de l'énergie à un autre mode de relation à l'équipe (expliquer, argumenter) pourvu que ça soit par choix. Et sans doute que, justement, l'exercice de l'autorité saine ayant ses limites, en matière d'obéissanse, puisqu'elle suppose une forme de consentement à la soumission de la part du subordonné, le recourt à la règle et à la sanction prévue par la règle permettent de ne pas mélanger les genres....
l'exercice sain de l'autorité consisterait donc à ne pas tout en attendre...




je veux savoir l'idée des grandes pédagogues sur la définition de l'autorité
Rédigé par : jihad | 21 novembre 2010 à 16:56
Bonjour,
pouvez vous préciser ce que vous entendez par "grands pédagogues" ? Il me semble que les pédagogues n'ont pas tous nécessairement travaillé sur la question de l'autorité,
et qu'en revanche les personnes, qui, à ma connaissance, ont travaillé sur cette question ne sont pas souvent des pédagogues. Ils peuvent être des sociologues, des historiens, ou des philosophes....
Rédigé par : Isabelle Harlé | 21 novembre 2010 à 17:03